Rendre les enfants plus engagés dans la bienveillance

Le contexte de la pandémie qui n’en finit plus de nous bousculer, nous ramène à un état de résignation peu créatrice de « l’apprendre à vivre avec », à la notion du vivre en bulles fermées et à une forme d’isolement social tous propices à une plus grande iniquité entre les humains que nous sommes. On se rend compte qu’en peu de temps, c’est une part importante de notre philosophie de vie que nous avons perdu en cours de progrès éphémères et de recherche de fausses sécurités. Il est temps de revoir nos priorités pour éviter de laisser à nos enfants un héritage où la technologie, entre autres, risque de noyer encore plus l’humanité qui a toujours au sommet de nos priorités.

Comment retrouver et reconstruire un modèle de bienveillance pour remettre l’humain tout en haut des valeurs de nos sociétés. Comment arracher les racines liées aux mots en «isme» (racisme, sexisme, individualisme, fondamentalisme, etc.» qui inondent les cœurs et les esprits des enfants. Comment résoudre l’information erronée et les biais historiques qui meublent et qui faussent leurs connaissances. Comment reprendre en mains les destinées et les parcours de tous les enfants. L’espoir est là à notre portée pour quelque temps encore.

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Deux axes d’action non exclusifs se présentent à nous dans l’immédiat. L’un est lié à l’enseignement de l’Histoire et de la Culture, soit l’apprentissage authentique du passé et l’ouverture actuelle à la culture. L’autre porte sur une redéfinition du parcours de développement des enfants en rapport avec la Convention internationale des droits de l’enfant et particulièrement le droit d’être bien informés et celui du droit de parole pour tout ce qui concerne leur santé et leur bien-être.

Apprendre du passé relève d’une grande valeur. Ne pas répéter les erreurs du passé relève d’une grande sagesse. Encore faut-il respecter l’Histoire et ne pas la transformer au gré d’intérêts divergents. L’histoire des autochtones y compris leur assimilation à tout prix et la négation de leur culture et de leur langue, l’histoire des juifs incluant leur extermination massive, celle des Ouïgours actuellement, celle des guerres sanglantes et celles des massacres religieux systémiques doivent être enseignés à tous les jeunes dès le primaire. Ces grands événements historiques doivent être mis en contexte et servir de rappel pour ne pas oublier ces erreurs du passé et surtout pour ne pas les reproduire au nom d’identités régionales ou d’une quelconque race supérieure.

Le parcours du développement des enfants se fait beaucoup par accompagnements et par divers apprentissages. Apprendre notre langue mais aussi d’autres langues ouvrent la voie à une meilleure compréhension du monde. Le développement dans un contexte de sécurité est fondamental mais cela ne justifie pas de créer des zones d’ombre ou des interdits pour les protéger à outrance au détriment de leurs droits. Les enfants ont le droit de savoir et de bien savoir. Cela les amènera plus rapidement à un savoir être essentiel pour l’harmonie et l’égalité des peuples et au respect de l’autre quel qu’il soit. L’effet des rituels de passage est aussi un puissant outil pour assurer une maturité par étapes et des apprentissage adaptés pour bien éclairer leur esprit. Malheureusement on les a oubliés l’un après l’autre au point qu’ils ont presque disparus de la trajectoire des jeunes.

Il est donc temps de se mettre au travail pour un monde meilleur où l’intelligence artificielle, l’utilisation des robots et la technologie seront au service des humains libres et non l’inverse.

Une vague impression de la fin d’un monde

On est tous un peu perdu à l’heure actuelle, comme pris dans un étau, mal informés, inquiets à différents niveaux. Personne n’y échappe et probablement encore moins les décideurs. On se retrouve tous dans un bateau à risque de couler si on considère l’ensemble de l’œuvre avant, pendant et après la pandémie

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Des enjeux et des risques multiples nous frappent de plein fouet. À ce niveau, la pandémie prime actuellement avec en premier plan la peur de mourir et de perdre des proches pour les uns et la fragilité extrême des Hôpitaux pour d’autres. On est tous confrontés à l’impuissance soudaine d’où des stress majeurs pour plusieurs.

On tente de survivre littéralement aux incertitudes quant à la suite des choses avec plein de conséquences sur notre moral et sur notre humanité. On réagit de différentes façons à cette agression traumatisante sur notre vie normale (et confortable) que ce soit par de la colère, de la docilité ou de la résignation.

Certains cherchent des coupables à tout prix mais ils n’existent tout simplement pas, d’autres s’isolent et se referment dans leur bulle, un certain nombre se cherchent des sauveurs qui n’existent pas non plus. On peut dire qu’on se trouve tous sur la corde raide pour le moment.

On assiste à une transformation «disruptive» de nos valeurs et de nos comportements.  Pour ce qui est des valeurs, on se retrouve en manque de compassion, de bienveillance et d’entraide mais on remarque surtout des fractures et des ruptures sociales évidentes et on ne sait pas encore si on pourra les retrouver à moyen et à long terme. En conséquence, nos comportements trahissent nos dysfonctionnements avec des colères inappropriés, nos humeurs changeantes et nos conduites excessives sans oublier notre détresse quotidienne et on ne voit pas le jour où on reviendra «normaux».

La grande question conséquente, c’est ce que l’on remarque comme cliniciens chez les enfants sur le terrain et notre crainte partagée de sacrifier une génération d’enfants témoins de toutes ces détresses et de ces manquements à l’ordre social. Nous en sommes à constater les dégâts sans savoir ce que ces enfants deviendront dans l’avenir.

On dit que les enfants sont résilients et je le crois personnellement mais cette résilience, ils la tiennent des contacts sociaux motivants et rassurants avec des adultes forts et significatifs et de leurs réseaux sociaux enrobants et protecteurs. Ils sont forts si l’entourage est fort et soutenant, ils réussissent si on leur donne des chances égales et ils sont heureux s’ils ne sont pas envahis par la peur et la peine. On a donc beaucoup à faire collectivement

L’impact de la pandémie et de ses effets pervers sur les enfants devrait être une préoccupation majeure des autorités et des soignants avec une priorité forte, dès maintenant au même titre que les autres enjeux à gérer. Leur avenir se joue aujourd’hui même. Vite un retour à la normale pour tous, cette autre normale qui pourrait s’avérer salvatrice pour les enfants si on la façonne avec des valeurs sûres, sans compromis.

Gilles Julien, Pédiatre social

Enfants en position délicate

On a vu et entendu cette semaine, dans les médias, des enfants d’allure instrumentalisé concernant leur opinion par rapport à la vaccination Covid et les non-vaccinés. Or on connaît la convergence des attaques envers ces personnes (non vaccinés)qui visent à les faire passer pour les seuls coupables de tous nos maux et ce sans nuances. Les enfants ne devraient pas faire partie de cette tendance indigne d’une société juste

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L’animatrice bien connue et avide d’obtenir de « vraies réponses » leur balance des questions directes «en direct» sur le sujet et les amène subtilement à dire leur opinion en ondes sous le regard bienveillant de leur enseignante et des applaudissements isolés de quelques personnes non visibles dans le studio.

Les enfants, un gars, une fille, bien choisis sont en effet magnifiques. Ils sont jeunes, je dirais neuf ou dix ans, clairement issus de milieu favorisé et absolument convaincants. J’étais un peu sous le choc par leurs réponses et surtout scandalisé par le message qu’on leur faisait véhiculer sans filtre. L’un appelait la police pour arrêter ces supposés malfaiteurs, l’autre voulait les punir à petit feu en leur enlevant un à un des privilèges et des libertés jusqu’à ce qu’ils craquent et qu’ils se fassent enfin vacciner comme tout le monde.

Il n’est pas question ici de prendre partie pour ou contre les vaccins, je suis d’ailleurs plutôt pour bien sûr. On est au-delà de ces enjeux. On est plutôt dans le manque de respect envers des enfants en les utilisant pour une cause qui les dépasse tant elle est complexe. On assiste à une forme d’instrumentalisation d’enfants sans qu’ils le sachent probablement soit pour plaire aux adultes ou pour arriver à des fins qui ne sont pas de leur responsabilité. C’est là que le bât blesse et c’est ce qui m’amène à vous sensibiliser et à vous questionner sur ce sujet des plus délicat. Sommes-nous vraiment rendu aussi bas pour les seuls besoins du spectacle?

Plusieurs ont déjà réagis et une pétition circule ce qui est en soi une bonne nouvelle pour dénoncer l’utilisation évidente de ces enfants pour passer des messages de délation ou d’utilisation de sévices et de vengeance. Je comprends mal les adultes qui approuvaient en coulisse.

Je suis fortement d’avis que les enfants doivent s’exprimer sur tout ce qui les concerne et particulièrement en cette période de pandémie où ils ne sont pas considérés, ni consultés et plutôt victimes des mesures draconiennes qui les isolent et qui les privent d’air libre et de compagnonnage essentiel. Plusieurs de leurs droits sont bafoués et en conséquence, ils serait souhaitable qu’eux-mêmes portent leurs messages authentiques sans risque d’ingérence ou de manipulations par des adultes qui tentent, même de bonne foi, de leur refiler leur propres idées et sans que des médias avides de cotes de popularité s’en mêlent.

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Nos enfants sont trop précieux pour les utiliser pour de la propagande et pour diffuser du fiel envers ceux qui sont les plus vulnérables. Ces enfants non coupables bien sûr ne sont probablement pas au courant que des droits et des valeurs existent dans notre société autre que des actions de délation et de fracture. Je serais curieux de rencontrer ces enfants par ailleurs magnifiques, et d’avoir leur propre opinion sur plusieurs sujets qui les concernent, sans ingérence ni fausse représentation

La nuance, la raison et le respect ont souvent meilleur goût tandis que la vengeance ou la colère ne portent pas bon conseil. Les enfants bien informés et conscients des quarante et un droits de leur Convention internationale relative aux droits des enfants le savent bien.  Laissons-les agir et s’exprimer en toute liberté, notre société n’en sera que plus juste et plus équilibrée.

Un petit coup de pouce à la santé mentale

On reviens donc à la santé mentale puisqu’elle nous concerne tous en ces temps déstabilisants. L’objet de ce blog c’est de mieux la comprendre au quotidien, d’apprendre à la préserver du mieux possible et de prévenir les troubles mentaux dans la manière du possible. C’est exactement la même approche que pour la santé physique qui s’applique ici. On sait tous que l’on peut prévenir l’hypertension ou les maladies cardiovasculaires ou le diabète par exemple, particulièrement si on agit tôt chez les jeunes sur les bonnes habitudes de vie comme l’exercice physique et une saine alimentation. Or on peut aussi prévenir les troubles anxieux, les dépressions et autres troubles mentaux en faisant la promotion de saines habitudes de vie émotionnelles et mentales. D’ailleurs, la somme des bonnes habitudes de vie physiques et mentales permet probablement d’augmenter de façon significative l’effet préventif sur les maladies de toutes sortes. Pourquoi donc s’en priver nous-mêmes et pourquoi ne pas agir maintenant auprès des enfants comme on est clairement dans une période prolongée de risques de détérioration de notre santé mentale.

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La prévention n’est pas cependant une sorte de garantie de santé globale car plusieurs facteurs agissent en même temps pour produire une maladie ou un mal-être. Des facteurs génétiques et des sensibilités personnelles entre autres prédisposent à certaines maladies physiques ou mentales. Les maladies neuro-dégénératives, certains cancers, les troubles dépressifs ou bi-polaires en sont des exemples connus. On sait cependant que l’environnement dans sons sens large joue un rôle encore plus grand et il ne fait pas de doutes que de travailler en prévention sur l’environnement d’un individu peut faire la différence à moyen et à long terme.

Chez l’enfant, il faut s’attaquer au plus grand risque, celui qui crée de la détresse psychologique, de l’anxiété, de la peur et des colères profondes qui débalançent leur santé mentale. Ce grand risque ce sont les stress toxiques et les poly-traumatismes de toutes natures, que ce soit des violences et des abus, des négligences et des abandons ou des isolements et des déplacements. Les stress associés à la pandémie qui dure, en en sont un autre bon exemple. Ces différents traumas mènent directement à l’angoisse, à la colère et une peine profonde qui plus elles durent et se multiplient, plus elles évoluent vers des troubles mentaux.

Chaque enfant a le droit de se prémunir contre ces stress sévères et la seule façon de le faire intelligemment c’est d’abord de ne pas leur créer davantage de traumatismes ni de les victimiser davantage. Le vrai pouvoir de prévention avec un enfant en situation de précarité mentale, vient d’un accompagnement personnalisé de cet enfant en lien avec le milieu familial pour créer de la confiance, de la résilience et des capacités d’auto contrôle. Victimiser davantage, c’est créer encore plus d’angoisse et de séparation, c’est porter atteinte à d’autres droits outre celui de la protection ou c’est sortir l’enfant de son milieu et de sa culture trop rapidement. Un accompagnement personnalisé consiste autant à créer un lien significatif et protecteur entre un enfant et une équipe de soins qu’à mettre en action un suivi plus thérapeutique en psychologie ou en thérapies par l’art par exemple.

Quand on réussit à créer de la confiance, un sentiment d’appartenance, un lien rassurant et une cohésion familiale dans la vie d’un enfant fragilisé, on augmente chez cet enfant ses capacités de développement, de résilience, de fierté et de motivation. Ce sont des clés puissantes pour sauvegarder leur santé mentale et pour prévenir des détériorations futures. Je pense aussi que ces concepts s’appliquent autant aux jeunes enfants, qu’aux adolescents et aux adultes.

Enfants sur pause : prise deux

C’est le tout début de la nouvelle année 2022 et déjà tous les enfants se retrouvent encore en isolement et à distance de leurs liens sociaux fondamentaux. Remarquez que nous les adultes, sommes tout autant en mauvaise posture sociale au moment où j’écris ces lignes mais mon propos touche surtout les enfants en tant que pédiatre.

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Pour les enfants, il s’agit d’un autre traumatisme qui s’ajoute à beaucoup d’autres en peu de temps, quelques mois à peine. Or on sait pertinemment que les poly-traumas sont toxiques pour eux. Cela veut dire une nouvelle phase d’anxiété, un risque élevé d’isolement excessif avec les substances et les écrans et une possible détresse psychologique.

L’être humain s’adapte évidemment, mais il y a toujours un point d’éclatement ou de non-retour où les séquelles l’emportent sur l’espoir et où le découragement ouvre la voie à l’inertie et à l’abandon. Nous sommes clairement au bord de l’éclatement en ce début d’année qui n’augure rien de bon pour les jeunes.

 Encore une fois l’incohérence dans les mesures et leurs timing, le manque de données claires et validées et des décisions qui semblent improvisées viennent compléter le tableau. À qui peut-on vraiment faire confiance à l’heure actuelle? À quelles solutions à moyen et long terme pouvons-nous nous rattacher pour tenter de soulager les souffrances sociales et psychologiques qui reprennent le dessus? Quoi dire à nos jeunes?

Une nouvelle forme de « vie normale » va clairement voir le jour mais il est difficile de prévoir si elle sera meilleure ou pire. Cela dépend de nous tous, de quelles valeurs nous allons pouvoir conserver et de la meilleure façon de survivre aux changements incontournables qui nous attendent. La future

« vie normale » commence dès maintenant. Elle requiert des actions et des engagements clairs de notre part.

 Le pire serait de continuer de vivre dans la passivité et dans la docilité et d’accepter la crise de désinformation que nous subissons actuellement et qui a déjà trop durée. La peur et la panique ne sont jamais bonnes conseillères et elles ne servent aucunement l’intérêt supérieur des personnes et surtout pas celle des enfants.

Le mieux serait de continuer de se protéger contre un virus incertain même avec des mesures imparfaites mais en restant alertes et critiques. Il faudra mieux s’informer sur les différents enjeux et risques mondiaux (le virus en un de plusieurs) avec des personnes significatives et rigoureuses, tout en restant ouverts mais sans naïveté, envers tous ceux qui veulent notre bien.

Il ne faut pas hésiter à en discuter avec les enfants et les jeunes pour qu’ils se sentent partie prenante de toute cette histoire qu’ils n’ont certes pas méritée. Nous devons aussi retrouver une vision globale de la chose et considérer la forêt plutôt que juste l’arbre devant nous si nous voulons y arriver.

 Et puisque les mots sont si puissants, pourquoi ne pas commencer par rendre des mots caducs en évitant de les prononcer dans notre entourage. Et si par malheur on s’oubliait et que les mots tabous sortent quand même, pourquoi ne pas verser deux dollars à une bonne cause pour chaque manquement. Ce sera notre première action significative et bienfaitrice pour le cœur de chacun de nous.

Pour 2022, du courage, beaucoup de courage!

Aurons-nous maintenant le courage nécessaire pour améliorer notre sort et pour enfin changer le monde en 2022? C’est le seul souhait qui me vient en tête après m’être dit que je n’en ferais pas cette année. Des souhaits, «qu’osse ça donne» après tout, à part ne pas les tenir. Jordi Bonet l’avait bien dit à l’époque avec sa phrase célèbre encore gravée, je l’espère, au Grand Théâtre de Québec :

« Vous n’êtes pas tannés de mourir, bande de caves»

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Depuis deux ans, on a tous été confrontés à l’impuissance et à la mort partout dans le monde. Personne n’y a échappé et beaucoup furent atteints. Le virus y est pour beaucoup bien sûr mais il y a aussi l’environnement, la terre elle-même qui crie au secours et qui commence à imploser, il y a les déplacés, les migrants et les sans -toits qui vivent de désespoirs et de famines, il y a toute cette souffrance qui affecte la moitié du monde.  Il y a aussi l’écart entre le Nord et le Sud qui se creuse toujours davantage et toutes les inégalités qui infestent la terre.

 Cela ne peut plus durer, on ne doit plus fermer les yeux. Privés de vaccins, de terre et de biens essentiels, le monde se fracture de plus en plus. Combien de temps cela va-t-il durer encore. Quelles mauvaises conséquences allons-nous encore subir avant d’avoir le courage de bouger mondialement.

Le temps presse et nous n’avons plus beaucoup de temps. Il faudra beaucoup de courage de nous tous pour changer la face du monde. Nous vivons actuellement un moment historique unique et une leçon de vie importante. Tous les signes dont nous sommes témoins indiquent clairement qu’il faut agir vite à tous les niveaux possibles.

Malgré ce constat réel et dramatique, je crois encore en la nature humaine et à notre capacité collective de transformer ces mauvaises nouvelles en opportunités de changement. Cela implique qu’il nous faut sortir de notre passivité flagrante même en temps de Covid ultime. Il faut agir sur les petites choses et sur les grandes choses.

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Il nous faut nous reprendre en mains, nous responsabiliser au quotidien, arrêter de subir comme des gens trop dociles et résignés au pire. Nous avons le devoir de sauver la nature, le futur et notre âme surtout. La solution est mondiale et locale et elle concerne autant nos valeurs sociales que notre souci d’équité. À égalité, le monde devrait changer pour le mieux, c’est un peu notre seule chance.

Puis il y a les enfants dans tout cela, habiles créateurs d’espoir. Que pensent-ils de ce point tournant qui va changer complètement leur vie pour les années futures. Plus on maintient les jeunes dans l’ignorance et la peur, plus ils seront coupés de leur énergie et de leur créativité plus que jamais nécessaires. Parallèlement, plus la société va perdre de sa force. Il est urgent de les amener dans la discussion, d’entendre leurs idées sur le quoi et le comment faire et d’appuyer leurs initiatives. C’est mon souhait unique pour 2022, aurons-nous le courage d’agir?

Amber , d’un appel à l’aide pour retrouver un enfant à un outil de contrôle et d’intimidation…

L’alerte Amber est un système d’alerte d’un enlèvement à grande échelle au Canada et aux États-Unis lorsqu’un enlèvement d’enfant est signalé.  Wikipédia

Photo de Thuanny Gantuss sur Pexels.com

Ce fut certes très déplaisant et malaisant en cette veille du jour de l’an, de nous interpeler de la sorte, après l’imposition abrupte de nouvelles mesures préventives, Utiliser Amber pour nous rappeler le couvre feu, fallait le faire. As-t-on vraiment réfléchis à l’impact de cette invasion directe, irritante et non pertinente. On avait bien compris le message, pas besoin d’en remettre. On ne pouvait pas faire mieux pour discréditer et diluer le rôle précis et important d’Amber.

On ose espérer que 2022 apporte plus de respect et de civilité de la part de nos dirigeants. L’approche infantilisante ou menaçante ne sert pas la cause. Elle ne sert qu’a  maintenir  la peur et l’irritation alors qu’on devrait compter sur la vigilance et la responsabilisation de la population, majoritairement capable de comprendre le message et de le respecter.

Désolé Amber! (fillette de neuf ans enlevée en  janvier 1996 et découverte morte 2 jours plus tard)

Deux ans de peur et d’impuissance

Nous subissons tous cet étrange sentiment d’impuissance face à une pandémie mondiale qu’on n’avait pas vu venir. On ne sait d’ailleurs pas encore d’où elle vient et quand elle s’arrêtera, peux-être jamais d’ailleurs. On se dit donc, un peu en désespoir de cause, qu’il faudra bien apprendre à vivre avec, quelqu’elle soit sa virulence et sa résistance.

On s’est tous habitués à plein d’autres risques au cours des temps, le cancer, les accidents de la route, les maladies pulmonaires, les maladie mentales, et plein d’autres virus et bactéries. On a appris à vivre avec, on prend des mesures de prévention quand ça nous tente et on subit les conséquences de nos actes qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Cela fait partie de notre résilience de base et de notre survie.

Il en est de même avec la pandémie actuelle, sauf qu’elle se vit à l’échelle mondiale en temps réel. Elle nous fait peur bien sûr et elle nous inquiète car on sent l’impuissance et l’improvisation de ceux qui devraient nous rassurer et nous fournir des messages clairs. Rien n’est moins clair actuellement sauf les dégâts qui nous sont rappelés au jour le jour, d’heure en heure. Les commentateurs et chroniqueurs de toutes sortes s’en donnent même à coeur joie pour nous offrir une opinion non souhaitée puisqu’on pourrait très bien l’avoir nous-mêmes si on nous donnait l’heure juste et la liberté de le faire..

Dans ce cafoulli, il ne nous reste pas de temps pour apprendre, réfléchir et agir en respectant nos valeurs fondamentales et notre solidarité. On ne mise pas sur nos capacités de résilience pourtant bien reconnues. Dans ce contexte obscur, c’est plutôt malheureusement «le chacun pour soi» qui prend le dessus. On veut tous passer en premier pour les vaccins et le dépistage, s’il en reste ce sera pour les plus démunis. On vide les étagères des magasins sans en laisser pour les plus pauvres. On se terre socialement pour ne pas voir ceux qui souffrent le plus.

Pendant ce temps, le monde change plus profondément qu’il n’en paraît à première vue, pour le meilleur et pour le pire. On assiste donc au meilleur et au pire. Le meilleur c’est l’ensemble des efforts qu’ont mis les gouvernements et les spécialistes de toutes sortes pour trouver des solutions et des traitements préventifs et curatifs sans en connaître suffisamment sur le «monstre». Le pire, ce fut et c’est toujours le manque de solidarité mondiale et locale né de la peur qu’on nous fais vivre.

Dans toute cette histoire, c’est ce qui me bouleverse et qui me fait le plus peur. Le vrai danger ce n’est pas le virus, c’est plutôt les nombreux manquements humains que l’on constate quotidiennement. Mon grand souhait c’est qu’en 2022, on nous laisse décider par nous-mêmes de notre meilleur intérêt en nous donnant des informations validées et en mettant un baillon sur les opinions qu’on ne veut plus entendre et les publicités que l’on ne veut plus voir. Il faut maintenant soutenir les mesures de bienveillance, de solidarité et de résilience dont nous sommes tous porteurs et surtout compter sur le meilleur de nous mêmes.

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Guignolée Dr Julien

On vient tout juste de constater encore une fois la grande générosité populaire qui soutient l’approche de la pédiatrie sociale en communauté pour servir les enfants les plus vulnérables du Québec. Avec respect et gratitude, je vous dis merci d’assurer encore cette année la poursuite de ce grand mouvement d’entraide et de bienveillance.

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J’ai souvent comparé ce mouvement à une grande spirale autour des enfants qui se déroule pour rassembler les forces vives des communautés autour des enfants. C’est le meilleur moyen pour mieux les protéger, les soigner et les accompagner sur une trajectoire de succès de vie avec des chances égales pour tous. La spirale signifie la mobilisation constante des personnes pour remplir cette mission et toute la puissance nécessaire pour servir le plus grand nombre d’enfants possible.

Sachez que grâce à vous, le cercle s’amplifie autour des enfants en situation de vulnérabilité et nos équipes couvrent maintenant plus de 10,000 jeunes en difficulté dans 42 centres répartis sur le territoire. Nous souhaitons à terme toucher 30,000 enfants souvent laissés pour compte et l’idée nous vient qu’un jour nous pourrions atteindre l’équité et les chances égales pour tous.

Personnellement je suis rassuré et comblé de tant de générosité et d’engagement pour supporter notre mission. Au nom des enfants, des familles et des intervenants, nous vous disons Merci du fond du coeur et nous vous souhaitons une belle période des fêtes dans un avenir meilleur.

Gilles Julien, Pédiatre social

C’est parti pour les enfants!

 

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« Mettre l’enfant au cœur des décisions» selon la Commission Laurent.  «Affirmer l’intérêt primordial de l’enfant et le respect de ses droits qui seront les éléments à considérer dans toute prise de décisions»  selon le nouveau projet de loi sur la protection de la jeunesse. On ne peut qu’applaudir!

«S’engager pour nos enfants» comme le souhaite le ministre Carmant, on est tous partants. Ce sont des souhaits louables mais maintes fois répétés depuis plusieurs années. Le meilleur intérêt de l’enfant est déjà passé dans le langage, de tous, même auprès celui des juges et des avocats, depuis longtemps, ce n’est pas une nouveauté en soi. Le bé-mol, c’est dans le comment faire, avec qui, avec quels moyens et selon quelles priorités.  

On attend toujours une transformation en profondeur des grands systèmes scolaire, santé et surtout en protection des enfants. On souhaite un virage costaud pour recentrer nos façons de faire, pour prévenir en grand le plus tôt possible et pour repenser les offres de services en lien avec les besoins globaux et l’ensemble des droits des enfants.

À ce jour, le constat d’incapacité est flagrant en ce qui concerne un réel engagement pour les enfants. Les listes d’attente ne s’améliorent pas dans tous les secteurs. Les services directs aux enfants restent fragmentaires à tous les niveaux. La démobilisation, le manque de ressources et de moyens sont sujets d’inquiétudes. Pourtant, le potentiel est présent, la population est prête, les intervenants n’attendent qu’un coup de pouce supplémentaire (beaucoup sous forme de reconnaissance) et plusieurs initiatives terrains se développent dans les milieux. Les signes sont encourageants.

Pour notre part, nous avons déployé une pratique de médecine sociale depuis au moins trente ans et elle se base justement sur l’accès, la prévention et l’effort de première ligne dans les milieux. Les enfants eux-mêmes y sont mobilisés en comités porteurs de leurs droits, les soins sont offerts en proximité de façon globale et les parents y conservent toute leur dignité. Nous sommes aussi actifs en prévention des effets négatifs des stress toxiques sur la santé et le développement des enfants les plus vulnérables (plus de 10,000)  et de la négligence. Notre façon de faire inclusive permet de réunir autour de notre équipe clinique, des enseignants, des directions d’école, des intervenants de la DPJ et des travailleurs des CLC, des CPE et des groupes communautaires.  

L’engagement actuel du gouvernement concernant l’échange d’information pertinente pour supporter les enfants arrivent à point. On s’attend aussi à des actions pour faire cesser le travail en silo et bien d’autres mesures pour renforcer la première ligne forte dans les milieux. Le gouvernement semble déterminé à poursuivre dans la voie du changement profond. Espérons qu’il ne s’arrêtera pas en cours de route. Soigner et protéger efficacement les enfants, c’est aussi l’affaire des communautés. En pédiatrie sociale nous souhaitons faire aussi partie de la solution.  

Quelques questions pour alimenter notre réflexion sur les grands changements :

Qui peux décider du meilleur intérêt de l’enfant dans une formule qui tiens compte de tous les droits des enfants?

Quels incitatifs mettre de l’avant pour améliorer la communication et harmoniser les meilleures pratiques?

Quel meilleur filet de protection mettre en place dans les milieux pour protéger les enfants les plus vulnérables?

Quels services doivent être mis de l’avant en prévention et en soutien précoce au développement des enfants?

Quels outils de mobilisation à mettre en place pour favoriser  l’implication des communautés?

Comment respecter et sauvegarder la dignité des familles au sens large pour maximiser leur participation?

On s’attend à un comité de travail sur ces sujets en début 2022. Le ministre doit nous revenir là-dessus avec une proposition.