Un coup de collier

On approche de l'anniversaire de la Covid et on semble se situer au même point, genre du «surplace», la surprise en moins. Il est difficile de savoir où nous en sommes et où se situe la science qu'on nous demande de suivre les yeux fermés et à qui on fait dire bien plus qu'elle ne dit elle-même. Faisons donc un petit tour de piste de cette situation anxiogène vue à travers de grandes émotions. 
Angoisse. On en vit tous plus ou moins selon nos moyens et nos conditions de vie. Il n'y a pas de grande équité dans ce constat. Ceux qui le peuvent, se mettent à la cuisine, aux loisirs permis et au travail à domicile. Ceux qui le peuvent pas, s'isolent de plus en plus, s'accrochent aux télé-réalités et aux jeux électroniques et ils se morfondent à penser aux lendemains toujours plus incertains. Les émotions des enfants se calquent alors sur celles de leurs parents. D'un côté, avec moyens, on réussit à s'apaiser en famille pour mieux passer au travers, de l'autre on se peine, on s'enrage et on perd progressivement le contrôle. Plus de détresse, plus de violence, plus de désespoir, affectent profondément un grand nombre d'enfants.
Tristesse. La perte des repères, l'isolement social, la peur de ne pas y arriver minent quotidiennement notre bien être. On se couche déprimés, on se lève déprimés. On cherche à dormir plus longtemps. On pleure facilement pour des riens et on sent la boule dans notre ventre qui grossit toujours plus. Quand la tristesse nous tient, quand rien ne vas plus, quand nos dirigeants parlent de catastrophes, il n'y a rien là pour nous réjouir. Il ne fait pas bon vivre dans la tristesse chronique. Sur ce point, fallait-il vraiment nous servir une alerte en fin de journée hier qui a fait sursauter et angoisser tout le monde un peu plus. C'en fut trop!
Découragement. Comment voir la lumière quand rien ne vas plus. Vas-t-on au moins survivre et dans quelles conditions? Chaque jour nous amène de mauvaises nouvelles et on nous avoue même être sur le point de perdre le contrôle en haut lieu. On nous répète également ad nauseam qu'on n'en sortira pas de si tôt. On se sent impuissants et le déséquilibre nous ronge. Comment ne pas se décourager? Les enfants, eux, se demandent bien ce qui adviendra de leurs écoles et de leurs amis et ils se questionnent profondément sur leur avenir.
Désespoir. C'est l'étape ultime lorsque qu'il n'y a plus d'espoir. C'est ce qui arrive à certaines personnes qui ne peuvent plus vivre dans de telles conditions, surtout ceux et celles que la vie n'a pas gâtée. C'est le bout du tunnel où plutôt la fin de la petite flamme qui devrait tous nous maintenir l'espoir. C'est le drame quand les enfants se retrouvent dans cette situation, ils ne veulent plus se développer, ils n'envisagent plus retourner à l'école et ils sentent que la porte se referme sur eux sans issues. 
Un coup de collier est donc nécessaire. La terre continue de tourner. La lumière du jour a déjà commencée à s'allonger, les bourgeons reviendront dans quelques mois, Trump a bel et bien été défait, l'amitié est plus forte que le virus et elle restera intacte, peux-être même deviendra-t-elle encore plus forte. Les bébés continuent de naître. Ce sont des certitudes, de vrais repères. L'humanité en a vu d'autres et on passera au travers, c'est une certitude. Donnons un dernier coup de collier pour souligner cet espoir. Suivons donc les règles, on s'isole, on se confine, on se couvre-feu tous ensemble et on s'occupe des voisins et des enfants car l'espoir est à nos portes. 
Photo de Pixabay sur Pexels.com

2021 stop! et encore!

On échappe pas aux voeux surtout en ce matin du premier de l’an, ensoleillé, enneigé et si calme. Peux-être s’agit-il d’un présage à cette nouvelle année porteuse de tant d’espoir de revenir comme avant pour certains mais pour d’autres dont je suis, d’un renouveau de nos façons de bien vivre. Avouons qu’avant, nous étions emportés dans un tourbillon de productivité à tout prix, assez éloignés des grandes valeurs humaines et au service des plus riches assurément. L’environnement, l’équité sociale et le bien être de tous ne faisaient pas partie des grands axes de notre façon de vivre.

2021 pourrait être le reflet de la grande leçon que nous apprenons tous avec la pandémie. Repenser nos priorités, reconnaître la valeur intrinsèque de l’être humain, faciliter l’égalité des chances pour tous, surtout pour les enfants d’ailleurs, apprécier la nature et ses bienfaits sur la santé globale, construire plutôt que détruire…autant de souhaits qui devraient nous animer dès maintenant. La liste pourrait s’allonger.

Pour ma part, voilà à quoi je pense en ce début d’année nouvelle:

  • Aspirer à plus de sagesse tout en sauvegardant ma capacité de continuer à m’indigner contre les injustices faites aux enfants
  • Faire ma part pour continuer d’agir mais avec la même passion qui m’a toujours animé et mobilisé pour la cause des enfants vulnérables
  • Assurer la pérennité de notre oeuvre en m’entourant de belles âmes pour réaliser nos objectifs de supporter tous les besoins et défendre tous les droits des enfants
  • -Continuer à ne prendre rien pour acquis, malgré les succès et considérer qu’à chaque jour, il faut recommencer à faire la preuve de notre pertinence
  • Cultiver ma capacité à m’émerveiller devant la beauté et la signification des choses même les plus petites, pour en tirer des leçons de vie au quotidien
photo prise par Gilles Julien, la Beauté et la Complexité de troncs d’arbres dans la nature

Je vous souhaite à toutes et tous, un bonne réflexion sur les choses qui comptent pour une vie meilleure pour nous tous.

Souhaits partagés

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Ce que je changerais maintenant et dans les années futures, c’est clairement la place et le rôle des enfants et des jeunes dans la société. On les a longtemps considéré comme des êtres de peu d’importance dans l’Histoire et même comme des personnes de peu de valeur. On les a pourtant utilisés sans souci pour faire les travaux dont personne ne veut et même comme chair à canons, démontrant ainsi leur peu de valeur pour la société en général. Ce n’est d’ailleurs que depuis quelques dernières décennies qu’on leur a enfin attribué des droits et une certaine protection.

Concernant leurs droits, la Convention internationale relative aux droits de l’enfant ratifié en 1991 au Canada, est devenue une base plus théorique que pratique car plusieurs des droits qui y sont inscrits ne sont même pas respecter dans les faits, faute de volonté politique et faute de moyens concrets mis en place. Pour ce qui est plus spécifiquement du droit à la protection, on n’a qu’à suivre l’actualité pour se rendre compte que les mécanismes mis en place à grand renfort de budget sont loin de remplir l’objectif. On s’en est remis à l’État pour protéger nos enfants en pensant bien faire et jamais on a réussi à créer une véritable cercle protecteur pour tous les enfants dans leur milieu de vie. La mise en place des services de protection donnés en exclusivité à la DPJ, la hiérarchisation et la bureaucratie extrêmes et le travail en silos ont fini par l’emporter sur le bon sens et l’importance de la proximité pour créer un véritable cercle protecteur pour les enfants. La communauté a été exclus d’emblée sauf pour participer à la délation.

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Mon plus grand souhait dans toute cette histoire, c’est que quelque soit leur langage, leur culture ou leur statut, les enfants devront être consultés systématiquement puisqu’ils connaissent bien leurs besoins. Leur parole doit être entendu car ils savent bien de quoi ils parlent, étant les premières victimes de leurs droits bafoués. On devra les accompagner pour qu’ils puissent construire leur propre cercle protecteur avec les personnes qu’ils vont eux-mêmes choisir. Me Hélène Sioui Trudel, directrice du droit intégré à la Fondation Dr Julien en a fait une superbe démonstration en créant divers projets qui vont dans ce sens depuis quelques années. Le Cercle de l’enfant, la formation FER sur les droits, le Garage à Musique en sont des exemples flagrants. Il est impérieux de penser autrement et d’initier une vraie transformation en faveur des droits des enfants et particulièrement en protection de la jeunesse.

Oui c’est possible de mobiliser les enfants et les communautés pour assumer les actions à mettre en place pour le respect de tous les droits des enfants. Nous souhaitons ardemment mettre notre expérience et notre expertise à profit pour les changements qui s’annoncent en particulier pour développer le grand cercle protecteur des enfants. Il est temps de briser les silos et d’adapter la loi de la Protection de la jeunesse à de nouvelles réalités avec le constat d’échec actuel de ce système fermé d’une autre époque. Il faudra, par contre, faire attention de ne pas succomber à la tentation d’alimenter cette machine déjà trop grosse et quasi ingérable. Il faudra faire preuve de plus de créativité. Les enfants d’abord devra être notre devise lors de cette transformation.

En terminant, un souhait attendu depuis longtemps s’annonce en début 2021 dans le cadre du respect de tous les enfants. Le Ministre de la Santé présentera un projet de loi pour assurer aux enfants migrants l’accès complet aux services de santé et de services sociaux. On pourra ainsi fermer une page sombre d’exclusion de notre histoire récente au Québec où de enfants sans droit sont systématiquement mis de côté. Bravo Monsieur le Ministre, un grand pas en avant.

Pour finir, un jeune de 14 ans qui vit des difficultés d’apprentissage sans avoir des services adaptés, me faisait part de ses souhaits pour la nouvelle année. « Mon premier souhait, c’est de changer les écoles et mon deuxième, c’est d’avoir des professeurs plus stricts ». Quelle sagesse, quand je vous dit que les jeunes savent bien ce qu’ils veulent et ce dont ils ont besoin. On a donc du pain sur la planche en 2021!

Bonne nouvelle année 2021! #respectenfants, #enfantsd’abord

Meilleurs voeux pour 2021

Les enfants bien sûr qui devraient être notre plus belle oeuvre de l’année 2021 pour chasser le covid 19 définitivement. Ce fameux virus, il faut maintenant l’attaquer par la créativité et l’innovation auprès et avec les enfants pour le faire devenir caduque au plus tôt, pour qu’on n’en parle plus que comme une victoire.

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Pour les bébés qui illuminent notre vie, il nous faut imaginer un programme pour les rendre fiers et compétents à chaque jour de leur vie. D’abord célébrer leur entrée dans notre monde en pensée et en action. Ils sont habitués de nous rencontrer déjà masqués en salle d’accouchement et donc un peu plus ne fera pas de tort à la condition que le masque tombe rapidement dans les mois qui suivent. Dans leurs premiers mois de vie, ils peuvent se contenter du visage et de l’amour de leur deux parents à visage découvert, donc pas de presse pour la galerie. Déjà vers 4 à 6 mois, on devra se renouveler parce qu’ils auront besoin de voir l’entourage, de découvrir les sourires et les paroles des familiers particulièrement la famille et les grands parents. Vers un an et demi, ils voudront déjà rencontrer d’autres enfants pour parler, pour courir et pour créer jusqu’à la rentrée à l’école à 4 ou 5 ans. Rien de devrait empêcher ce programme de se mettre en place pour assurer leur développement global ainsi que leur bonheur.

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Maintenant à l’école, les enfants continueront d’apprendre les bonnes manières mais surtout ils débuteront leurs apprentissages pour exprimer leurs talents et découvrir le monde. Il le feront à partir de nouveaux guides, éducatrices et enseignantes particulièrement et également à visage découvert, seul moyen de comprendre les règles sociales et l’expression et le contrôle des émotions. Il sera nécessaire de créer une cohérence et une continuité éducatives dans le plus grand respect de leurs capacités et avec tous les moyens nécessaires selon leurs besoins. Il ne faudra pas oublier l’importance de soutenir la créativité des enfants toujours prête à s’exprimer. Voilà déjà une amorce d’une belle réforme éducative provoquée par la Covid tant détestée.

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Pour les sportifs dans l’âme, ceux qui ne peuvent pas s’en priver comme les TDAH, les colériques et les impulsifs mais aussi pour uniquement le besoin de bouger propre à presque tous les enfants, on inscrira le sport comme outil incontournable de bien être à chaque jour sinon à chaque période d’apprentissage. Le sport prendra plusieurs formes, individuel, en équipe, en période définie comme l’éducation physique mais aussi sous forme douce comme l’exercice de la pleine conscience insérée à chaque heure d’apprentissage, en alternance. Pour une heure de cours par exemple, une demi heure ou 15 minutes de bougeotte. La mémorisation sera plus facile, l’anxiété baissera d’un cran et la rétention de l’information sera plus présente. Leur but alors sera de réussir.

Photo de Elisa Guarneros sur Pexels.com

Pour les adolescents, on leur doit de les laisser s’exprimer par l’art et la culture ainsi que par le sport pour ceux et celles qui le désirent. Il faut au plus tôt leur fournir des repères et des mentors pour leur permettre de s »épanouir avant de passer à la vie adulte. Il leur faut croire en l’avenir dès maintenant et ce devra être un programme articulé par eux, seuls capables de bien le définir. On les a maintenu dans l’obscurité, on leur a intimé de prendre leurs responsabilités, on a porté atteinte à leur appartenance aux amis et on leur a signifié des messages contradictoires. Heureux mélange pour qu’ils n’en suivent aucun…

Ils son ceux qui souffrent le plus du confinement alors qu’ils ne peuvent pas exprimer leur réflexion, qu’ils n’ont personne avec qui échanger et qu’ils n’ont pas la possibilité de faire leurs expériences rebelles nécessaires à leur positionnement dans la société. Il ne reste donc pour plusieurs d’entre eux qu’à s’isoler, se mettre en retrait, developper la peur du futur et brasser des idées noires.

Les ados doivent vite retrouver leur vitalité même celle qui dérange car leur lumière risque de s’éteindre pour longtemps. Il est urgent de les mettre en contact avec des repères et des mentors pour tester leur jugement et les mettre à l’épreuve. J’en vois plusieurs en ces jours difficiles et je vous confirme que si vous leur porter attention, ils commenceront à s’illuminer. Ils pourront ainsi se définir comme être à part entière en pleine connaissance de cause, avant d’entrer trop brusquement dans le monde adulte.

C’est vraiment les souhaits qui me tiennent le plus à coeur pour 2021. Joignez le groupe au plus tôt pour retenir votre place pour les enfants.

#respectenfants

Guignolée Dr Julien 2020: MERCI

Bonne journée! La 18e Guignolée annuelle Dr Julien est en cours jusqu’à la mi-janvier mais hier, c’était la grande journée officielle de la Guignolée et elle fut encore une fois merveilleuse grâce à un nombre encore plus grand de donateurs et à un super élan publique de support et de solidarité pour les enfants et nos équipes.

La journée a débuté vers 7 heures avec l’émission Samedi et rien d’autre de Joël Le Bigot et son équipe géniale. Eve Christian était encore au rendez-vous bien sûr comme marraine ainsi que Christian Bégin comme parrain de la dite Guignolée. En après-midi, une grande nouveauté, le Téléthon de la Guignolée Dr Julien s’est déployé sur facebook pendant près de deux heures et l’enregistrement est disponible pour visionnement pour quelques semaines encore. Je vous invite à l’écouter, il est sobre, touchant et plein de poésie grâce à nos amis artistes de coeur. Ce fut une première bien réussie d’un renouveau de la Guignolée rendu nécessaire par la pandémie qui tend à nous isoler tous.

Les encouragements inscrits avec vos dons sous forme de textos, lettres, petits mots et courriels nous ont fait le plus grand bien et nous motivent tous à continuer de bien servir les enfants les plus vulnérables. Nous comprenons que nous avons votre confiance, votre soutien et votre implication. Nous concluons que notre bulletin annuel est très bon et nous nous engageons à redoubler d’efforts pour supporter le plus grand nombre possible d’enfants en difficulté.

« Pour l’amour de tous les enfants auxquels vous apportez bienveillance et affection, afin qu’ils grandissent et s’épanouissent normalement, de même qu’en soutien aux parents qui ont besoin d’un organisme comme le vôtre pour les seconder dans leur mission d’éducation. » une donatrice

« J’ai été bénévole auprès des enfants du Dr Julien. J’ai vu plein de bonheur ». autre donatrice.

Hier en fin de journée, nous avions récolté plus d’un million de dollars, un peu plus d’ailleurs que l’an dernier à la même date. C’est un tour de force grâce à vous dans une période de temps si difficile où ne ne pouvons même pas nous croiser. J’en suis fier et reconnaissant. Au nom des enfants, Merci.

Photo de Marion Pintaux sur Pexels.com

Réinventer la proximité!

Notre fameuse Guignolée Dr Julien en est à sa dix-huitième saison, déjà. À chaque année, on l’attend avec impatience puisque c’est un vrai rendez-vous avec du vrai monde qui supporte une cause unique soit l’aide globale aux enfants en difficulté qui tombent souvent entre deux chaises.

Je veux juste vous rappeler le sens de cette levée de fond annuelle qui va bien au-delà des sous amassés grâce à votre générosité renouvelée. Avec vos sous, on poursuit plus facilement notre oeuvre bien sûr, on soigne, on crée de la confiance, on rassure, on accompagne, on trouve des solutions, on invente d’autres moyens. Notre seul but, c’est la réussite de enfants et le respect de tous leurs droits. Les équipes sont passionnées, à l’oeuvre et convaincues qu’on change le monde, ensemble, un enfant à la fois

La Guignolée Dr Julien, c’est aussi pouvoir vous rencontrer en personne, vous présenter nos enfants et nos familles et vous montrer toutes les initiatives et les activités qui font notre succès et surtout celui des enfants. On a besoin à chaque année de faire le point avec vous, de susciter vos émotions et vos passions et de vous entendre sur notre utilité et notre performance.

Or cette année, la proximité tant souhaitée n’est pas au rendez-vous grâce à la Covid et ses limitations. Vous ne serez pas là en personne, vous ne ferez pas le tour de nos centres et vous ne pourrez pas nous serrez la main ni nous faire des encouragements en personne. On va vous manquer mais ce n’est que partie remise, tout n’est pas perdu.

Partenaires de la Guignolée du Dr Julien à l’oeuvre

On pourra quand même se parler en virtuel et en paroles lors de l’émission de Joël le Bigot toute la matinée à Radio Canada et en après-midi avec Christian Bégin sur le web en mode web-o-ton (grande nouveauté). Plusieurs enfants seront présents, plusieurs intervenants et amis aussi. Nos chanteurs et chanteuses préférées (Michel Rivard, Guylaine Tremblay, Sarahmée, Catherine Major) seront de la partie en chansons et en témoignages touchants et il nous faudra se créer de la proximité à travers des mots, de la poésie, de la musique et de la chaleur humaine.

On vous attend en grand nombre.

Dr Julien

Sur pause les enfants!

Photo de Ksenia Chernaya sur Pexels.com

On comprend que les enfants n’en peuvent plus d’attendre au Québec. Et pas les moindres, les plus vulnérables, les laisser pour compte, les traumatisés et les mal-traités en somme. Ce sont ceux qui ont le plus de besoins et de droits bafoués et qui en sont les plus grandes victimes. Au fil des ans et des différentes politiques des dernières années, la priorité enfance s’est progressivement effritée dans notre beau pays. Moins de ressources, moins de budget, coupures et ré-ingénéries ont pavé la route à un dangereux effritement des services à l’enfance.

La DPJ particulièrement y goute actuellement et elle sert injustement de bouc émissaire parce qu’elle n’a pas su évoluer ni s’adapter, ni même s’évaluer face à de nouvelles réalités. Elle a malheureusement préféré se cantonner dans sa propre interprétation de la Loi de la protection de la jeunesse pour maintenir ses acquis de seule responsable de la protection des enfants, en sachant fort bien qu’elle ne pouvait pas y arriver seule.

Les gouvernements se sont succédés en se confortant dans leurs propres systèmes sans trop se poser de questions ni lever la main pour empêcher ses propres organismes de se confondre. C’est donc plutôt l’ensemble de l’oeuvre des services pour les enfants qu’il faut revoir, sans chercher de coupables. Nous le sommes tous un peu d’ailleurs. Ce n’est pas seulement le système de la protection qu’il faut changer mais aussi le système de santé et de services sociaux fort difficilement accessible, le système scolaire peu enclin à se positionner sur le sort des enfants en troubles complexes (ex: autisme) ou sur la qualité des écoles (eau plombée, ventilation inadéquate, moisissures ), le sytème judiciaire ignorant souvent l’importance de la Convention internationale relative aux droit des enfants fréquemment bafouée. Il faut croire que pour plusieurs, la priorité enfant n’en est pas une d’actualité, mise à part l’indignation passagère des failles des systèmes qu’on découvre quotidiennement dans les journaux.

On le savait pourtant et on appréhendait le conséquences de ce relâchement, c’était devenu de plus en plus évident. Or arrive la pandémie non attendu qu’on essayait bien naïvement d’ignorer au début. Les enfants épargnés au départ par la maladie durent tout de même se conformer à un confinement massif pour sauver les autres. S’ensuivit des conséquences sévères sur leur moral et leur santé physique et mentale auxquelles on n’était pas préparé à un moment où on avait bien d’autres chats à fouetter. Il a donc été décidé, sans le vouloir, que les enfants devraient endurer leur mal, se mettre sur pause et attendre encore une fois leur tour.

Actuellement, deux constats se dessinent concernant les soins aux enfants en supposant que les enfants devront encore attendre leur tour pour plusieurs mois et en se croisant les doigts pour qu’il reste encore des fonds pour faire les ajustements nécessaires. Le premier, c’est que rien ne va plus quant aux différents services offert par l’État. Ce n’est pas un blâme en passant, puisque nous l’avons voulu collectivement cet État providence qui nous libérerait de participer à la tâche. À mon sens c’était perdu d’avance, genre mission impossible. Comment pouvait-on penser naïvement que l’État pouvait seul prendre charge de nos enfants?

L’autre constat, c’est l’état actuel de la santé globale des enfants qui en inquiète plus d’un. Ce que l’on craignait le plus est en train d’arriver. Au plan physique ou constate que la sédentarité est devenu la norme. L’obésité des enfants fait des progrès évidents. La dépendance aux écrans se démultiplie même chez les plus jeunes. La violence est rampante dans les chaumières, surtout celles qui sont mal isolées et délabrées. La santé mentale en prend un coup solide elle aussi avec son lot de de difficultés liés à l’anxiété, la perte du lien social et la dépression. Les enfants ne vont pas bien et ils devront continuer d’attendre. La question est de savoir pour combien de temps encore pourront-ils endurer et survivre à ces drames et abandons. Il est moins une et le temps presse. Je repense toujours à cette phrase célèbre qui me suit chaque jour en clinique et dans mes chroniques: « Il est plus facile de construire des enfants forts que de réparer des adultes brisés. » F. Douglass, traduction libre.

La Commission se mouille!

La commission Laurent accouche d’une recommandation un peu terne et timide en avant première de la livraison de son rapport retardé en avril 2021, soit la nomination «urgente» d’un poste de directeur national de la protection de la jeunesse. On ajouterait donc une autre couche de contrôle à haut niveau bureaucratique dans un élan centralisateur au nom de l’imputabilité alors que le problème réside fondamentalement au ras des pâquerettes. On veut un chien de garde ou un ange gardien, c’est selon, qui par magie va tout assumer et régler les problèmes actuels. On vise à coordonner qui ou quoi alors que de nombreux directeurs de la protection n’y arrivent pas dans chacun de leur territoire. Plus on s’éloigne de la cible, plus on l’échappe.

Le chien de garde actuel existe et cette fonction est théoriquement assumée par la Commission des droits de la personne qui ne semble pas toujours avoir d’ailleurs les moyens de sa mission. On a plutôt besoin d’un défenseur des droits des enfants hors bureaucratie, complètement indépendant, avec une autorité sur tous les services offert aux enfants qu’ils soient gouvernementaux ou non gouvernementaux et avec plein pouvoir. Il ne s’agit pas seulement de cibler la Protection des enfants, mais aussi l’Éducation, la Justice, la Famille et la Santé, sans oublier la prévention car rien ne va plus pour les enfants au Québec.

Pour ce qui est de la Protection des jeunes, le changement doit porter sur la déconstruction progressive du silo dans lequel s’est empêtré les DPJ à vouloir trop bien faire, seuls. Le changement doit se faire au niveau des modèles d’application de la loi de la protection de la jeunesse sur le terrain, loi d’exception devenue presque coutumière. La Protection des enfants est une affaire de respect et de collaboration avec les principaux acteurs de l’enfance et des jeunes dans les communautés. Cela doit devenir une responsabilité partagée et une imputabilité conjointe à niveau des communautés et non portées par un vague directeur à Québec.

Bonne nouvelle tout de même. Madame Laurent parle de la voix des enfants non suffisamment prise en compte. On ne pourrait être plus d’accord. En pédiatrie sociale en communauté, nous y travaillons et nous expérimentons des façons de la faire entendre depuis plusieurs années. Nous avons hâte de partager nos connaissances et nos avancements sur le sujet.

Pour ce qui est des autochtones, au delà de la confiance réciproque souhaitée, c’est un peu comme pour la question de la parole des enfants. Nous devons maintenant nous mettre en position d’écoute et d’apprentissage. Ils ont plein de choses profondes à nous apprendre. Comme les enfants, ils sauront bien nous proposer leurs façons de faire et leurs valeurs. Nous devrons écouter sans interférences car nous n’avons pas su démontrer une grand efficacité à ce jour pour nous occuper de leurs enfants. Il n’est plus question de confiance réciproque mais bien de laisser ces nations décider pleinement de leur avenir et de celui de leurs enfants, «les deux mains sur leur volant».

Nous attendons patiemment la suite.

Les enfants fâchés de la 2e vague

La deuxième vague bat son plein et on ne fait que commencer à apaiser les souffrances qu’a provoqué la première vague sur les enfants. Ils on dû se confiner, s’isoler et ils en ont profité pour se construire des idées de catastrophes et de craintes de toute nature. Ils ont connu l’incertitude, comme nous, avec son lot d’ambiguïtés et de démesures occasionnées par un virus invisible et sournois. Ils ont surtout perdu, comme nous encore, des repères essentiels et des libertés rassurantes. Rien n’était plus comme avant. Pas d’école, pas de sports, pas d’amis, il ne restait que la télé, les écrans, la bouffe et le pot pour certains enfermés à la maison.

Pendant l’entre-vague, on a pu constater en clinique les dommages de cette première vague. Plusieurs enfants on vécu une période sombre, peu stimulante et surtout très démotivante. Le périodes d’anxiété toxique se sont multipliées, le climat familial s’est détérioré malgré une plus grande disponibilité des parents, eux-mêmes aux prises avec des périodes de désespoir et de découragements. Des éléments dépressifs sont apparus sournoisement chez plusieurs d’entre eux. L’activité physique si rassurante en temps normal, fut quasi absente de leur vie. Les activités de confort, par contre, elles, se sont accrues, manger plus que d’habitude, dormir tard et être exposés de façon démesurée aux écrans de toutes sortes. Le manque de filets de sécurité dû à la non fréquentation de la garderie ou de l’école a clairement eu comme conséquence d’augmenter la négligence et les abus d’enfants.

Heureusement, pendant les derniers mois, l’ouverture des écoles et des milieux de garde et un certain relâchement pendant l’été, on a observé une certaine forme d’espoir, les enfants ont retrouvé un peu de joie de vivre et la possibilité de se retrouver avec quelques amis. On a senti la vapeur se décimer quelque peu et une nouvelle énergie se répandre. Puis la nouvelle vague est arrivée et tout est compromis, surtout la santé des enfants les plus vulnérables.

«Comme enfant, je suis fâché et j’essaie de comprendre. Aujourd’hui on parle de refermer les écoles, de limiter de nouveau nos contacts sociaux et familiaux pour sauver l’Halloween et les Fêtes de Noël. Pourtant, la majorité d’entre nous ont fait ce qu’il faut pour se protéger et protéger nos familles. Il y a des limites à ce qu’on peut exiger de nous en nous imposant de mettre de côté tout ce qui compte pour nous. Nous avons l’impression d’être considérés comme les grands responsables des malheurs qui frappent le monde, alors que nous en sommes de grandes victimes. Vous les adultes, par vos excès et votre insouciance, avez omis de protéger la terre, vous avez créé des conditions favorisant d’inquiétants changements climatiques et laissé place à l’émergence de nouvelles maladies et d’importantes catastrophes naturelles. C’est à vous de faire votre part et de nous laisser vivre en paix pour qu’on puisse assumer la suite des choses et la réparation de vos dégâts, en espérant qu’il ne soit pas trop tard. Pensez à nos besoins et à nos droits pendant qu’il est encore temps.»

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Santé mentale/enfance

La possibilité de prévention en santé mentale n’est pas une vue de l’esprit. Tout comme en santé physique et ce malgré certains marqueurs génétiques, il est possible de construire notre santé mentale pour la vie. Il est de plus en plus évident qu’on peut réduire le risque de cancer avec des mesures d’auto- contrôle des stress toxiques ou de nos comportements alimentaires, par exemple. En santé mentale, l’élimination de ces mêmes stress toxiques et l’apaisement du cumul de poly-traumatismes chez l’enfant peuvent avoir le même effet préventif à plus long terme.

«It is easier to build strong children than to repair broken men» (Frederick Douglass, 1865) Cette phrase célèbre date du siècle passé mais prend toute sa signification en regard de la science moderne. Les dommages au cerveau du jeune enfant dans ses premières années de vie, occasionnés par les mauvaises conditions de vie et les multiples mauvaises expériences dont il est victime, sont abondamment reconnus. Ils affectent la santé physique, le développement et les capacités globales de l’enfant. La santé mentale actuelle et future est aussi compromise. Or nous savons maintenant que ces dommages sont complètement ou partiellement réversibles si on agit assez tôt pour les contrer.

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L’enfant naît parfois avec une bagage génétique qui peut augmenter les risques de maladies mentales dans sa vie future. Par contre la construction d’une santé mentale pendant l’enfance peut diminuer ce risque de la même façon qu’on ne devient pas nécessairement diabétique ou coronarien parce qu’il y en a dans notre famille. La santé mentale se bâtit dès le jeune âge par des expositions à des personnes significatives et par l’acquisition d’outils de résilience qui serviront toute notre vie à créer des barrières pour maintenir notre santé mentale.

Un enfant désiré, choyé et protégé dès son jeune âge, possède déjà une base de résilience forte. Si son parcours se poursuit avec le développement d’attachements sécures et d’influences identitaires fortes (rites de passage, accompagnements familiaux élargies, filiation et autres), il se crée chez l’enfant une sorte de « blueprint» de motivation et de créativité. Sa capacité de faire face à des situations difficiles et à des événements traumatiques sera alors plus grande et plus constructive. Les anxiétés, les émotions fortes (tristesse, colère) et les découragements seront alors plus facilement autogérées et même utiliser pour aller de l’avant. La santé mentale est alors sauvegardée et renforcée.

L’enfant qui naît dans des conditions difficiles, celui qui ne trouve pas preneur et qui est exposé à des coupures, des violences et des abandons multiples pourra plus difficilement se construire une protection, gérer ses angoisses importantes et garder le cap. Il devient alors plus facilement démotivé, il bloque ou se retire et il abandonne. Son estime de soi baisse à vue d’oeil et il pourrait ne plus vouloir vivre ou encore se venger. Sa santé mentale en prend un coup et s’ensuivent souvent des états dépressifs et des troubles anxieux quand ce n’est pas des troubles réactionnels graves ou des idées suicidaires.

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Quelle leçon tirer de ce constat? Investir avec les enfants en bas âge est une clé certaine pour prévenir des troubles de santé mentale plus tard. Les blessures de l’enfance non guéries sont de grands précurseurs de futurs troubles de santé mentale et même de maladies physiques chroniques nous rapporte la science. Une grande partie de ces problèmes peuvent être prévenues en investissant dans l’accompagnement des enfants. On n’a même pas besoin de spécialistes à ce niveau, le vrai monde peut très bien le faire. Il suffit d’aimer un enfant à la fois, de le guider régulièrement, de s’y attacher profondément et de le rassurer dans certaines circonstances plus difficiles. Pour plusieurs enfants, cela suffira amplement à les remettre en piste et à assurer leur bonheur. Les spécialistes seront alors mieux aptes à s’occuper des cas plus complexes.

La santé mentale des enfants se cultive et se précise dans le temps. Encore faut-il que quelqu’un s’en occupe dans leur entourage et leur voisinage, des parents, des bénévoles, des voisins et ceux et celles qui ont l’enfance à coeur. Je répète, il est plus facile de construire des enfants forts que de réparer des personnes brisées.