Bonne année

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UN VŒU DE NOUVEL AN

La période des vœux approche à grand pas et je ne peux m’empêcher de porter encore une fois la cause des enfants en situation de vulnérabilité en première page.  Pourquoi remettre sur le métier la pertinence, je dirais même l’obligation, d’agir pour les enfants et de porter leurs paroles d’espoir?

Parce que les nouvelles ne sont pas bonnes, parce que leur situation se détériore mais surtout parce qu’il est facile de faire bien et mieux. Je rêve du jour où les nouvelles seront bonnes parce que l’amour des enfants sera vraiment au premier plan de notre société, ce jour où les engagements genre «Un Québec fou de ses enfants» ou   «Construire une société bienveillante pour les enfants» deviendrons bien réels  et non plus des mots vides de sens et d’action.

Le tableau offert quotidiennement par les médias ne laisse aucun doute sur l’état d’inertie des services aux enfants et aux jeunes autant dans notre belle province qu’ailleurs dans le monde. On y retrouve un tableau très clair des carences des services essentiels pour les enfants d’une part et du non-respect de leurs droits d’autre part.

 Loin de vouloir faire peur, ou d’entreprendre une critique en règle, ou encore de partir à la recherche de coupables, il y a lieu de faire un constat global objectif en ce début d’année. Il y a lieu de sortir de notre immobilisme face à ces enjeux et surtout de susciter une mobilisation générale pour les enfants pour combler les lacunes flagrantes.

Dans tous les domaines concernant leur santé, leur sécurité, leur développement et leur bien-être, les enfants manquent de soins et de services pertinents. Les Hôpitaux manquent de personnel et d’espace pour bien soigner les enfants en détresse respiratoire comme ceux en détresse psychologique. Les écoles sont à bout de tout, pénurie de personnel, démobilisation, chaos administratif, durée de vie des bâtiments dépassée. Les services de garde restent difficilement accessibles, la qualité des services est variable et le manque de personnel compétent est flagrant. Le système de protection de la jeunesse est en crise et les ressources humaines se trouvent dans un niveau d’épuisement inquiétant.

On peut ajouter au tableau des risques, ceux encourus par de nombreux enfants «au travail» en manque de balises et d’encadrement, ceux dont les habitudes de vie sont désastreuses par manque d’accès à une saine alimentation, à du plein air et à des cours d’éducation physique.  Il y a en plus encore quand on considère le nombreux stresseurs sociaux qui alimentent le désarroi et la détresse des jeunes de plus en plus envahis par une anxiété toxique : la planète et l’humanité sont en péril, les guerres se multiplies dans le monde, la crise économique ne fait que commencer et la violence sans fin fait des ravages dans nos rues et dans le monde.

Le tableau est bien sombre (vous m’excuserez de le répéter sans cesse) mais force est d’en parler et de reconnaître les vrais besoins des enfants et des jeunes. On se doit maintenait de ramener la priorité enfant comme fil conducteur de toutes les initiatives pouvant apporter les changements nécessaires pour réussir un nouveau paradigme de soins en leur faveur.

 Il n’est pas trop tard pour refaire un monde axé sur les vraies valeurs et le respect des droits humains en considérant les enfants d’abord, leur sécurité, leur développement, leur façon d’apprendre, leurs soins médicaux, leur environnement, leurs aspirations futures. Nous avons les outils et la connaissance pour le faire tous ensemble en commençant dans les milieux de vie (approche de proximité et d’équité sociale) et en mettant nos efforts en commun (l’interdisciplinarité et l’arrimage des soins et services). Il ne manque que la motivation et les moyens financiers pour y arriver. Il ne faut plus de nouvelles études ni de nouvelles commissions mais on doit commencer à agir massivement par une grande valorisation des ressources locales et un plus grand investissement pour les enfants d’abord dans leurs milieux.

La Guignolée Dr Julien 2022 se poursuit avec un fort appui populaire jusqu’au 15 janvier. Notre travail au quotidien c’est de refaire le monde un enfant à la fois et cette marque de confiance de multiples donateurs et bénévoles nous donnent un grand élan pour poursuivre notre œuvre. Merci de tout cœur. Il ne reste qu’à nous souhaiter de mieux faire avec les enfants pour 2023 et les années suivantes.

Oui c’est possible!

Gilles JULIEN

PÉDIATRE SOCIAL

       Une immigration équitable

Photo de Ahmed akacha sur Pexels.com

J’ai été exposé très tôt à ce qu’on appelait le « choc des cultures » dès mon jeune âge mais pour moi, ce fut plutôt un enrichissement formidable qui a contribué à ma qualité de vie et à mon épanouissement personnel, jamais un choc, jamais un frein à ma culture, bien au contraire

D’abord dans ma vie, il y eu les anglophones et les syriens de Grand-Mère qui furent parmi mes meilleurs amis de jeunesse et qui m’ont ouvert très tôt à d’autres univers et au rêve d’en découvrir plus encore sur d’autres peuples dans le futur. Ce furent d’ailleurs les patrons de mon père (Arabes et anglophones) à l’usine qui offrirent de payer mes études au Séminaire pour m’ouvrir d’autres portes dans l’avenir…

Puis il y a eu des professeurs récemment immigrés, français et belges d’ailleurs, qui m’ouvrirent à la mentalité et à des cultures européennes et qui suscitèrent ma curiosité face aux gens de ce continent de nos ancêtres. On les taquinait bien sûr et on se moquait aussi de leurs accents mais au fond on comprenait leur importance dans nos vies de collégiens pour davantage nous ouvrir l’esprit.

Par la suite, mes plus grandes inspirations comme médecin et pédiatre social, furent les Dr Nicolas Steinmetz, pédiatre anglophone à l’Hôpital de Montréal pour les enfants et Dr Gloria Jéliu (bulgare) de l’Hôpital Ste Justine. Les deux ont contribué fortement à ce que je suis devenu aujourd’hui comme pédiatre social.

Mon côté plus nomade pendant plusieurs années, tire certainement son origine de toutes ces expositions à des personnes ayant immigré chez nous pour partager leurs expériences et leur richesse.  Ces «étrangers » ont grandement changer ma vie. Mes contacts terrains avec les Comoriens et avec les Albanais furent également une grande inspiration pour influencer ma trajectoire professionnelle et mieux définir l’approche de médecine sociale pour les enfants plus vulnérables et souffrants que j’ai créé par la suite.

Dans Côte des neiges, j’ai vu des classes complètes d’enfants immigrants ou réfugiées de toutes nationalités confondues qui dès la maternelle pouvait apprendre le français en quelques mois comme deuxième ou même cinquième langue et entreprendre des études avancées pour contribuer pleinement à notre société.

Les professeurs, médecins, scientifiques, soignants, ingénieurs etc. issus de l’immigration contribuent pleinement à notre évolution comme société distincte comme on se plait à le dire. Si on est distinct, c’est qu’on est fort et fier et sans crainte d’y perdre au change. La richesse de la mixité et de l’ouverture à l’autre devrait nous guider pour favoriser et accueillir les personnes immigrantes. Elles constituent une «réelle valeur ajoutée» dans une démarche d’équité sociale.

La seule peur de perdre notre langue ou nos acquis en ouvrant nos portes est une bien mauvaise conseillère pour assurer la force de notre identité. Se priver de l’apport de personnes migrantes comportent un immense risque de perdre une partie importante de notre société distincte.

Bienvenues chez nous!

Guignolée Dr Julien

La Guignolée Dr Julien revient le 10 décembre et fête ses 20 ans! Soyez des nôtres encore et encore.

La Guignolée Dr Julien, c’est un événement unique du temps des fêtes, un moment pour penser davantage aux nombreux enfants qui n’ont pas accès à des services adéquats pour assurer leur santé globale et leur développement. Tous les enfants ont les mêmes droits et un potentiel à développer. Nous visons les enfants qui manquent de soins, d’outils de développement et d’espoir de jours meilleurs.

Nous soignons des enfants qui ont faim, qui sont mal logés, qui vivent des stresseurs sociaux majeurs et qui sont souvent victimes de nombreux traumas, intimidations, abandons, négligence, abus. Ils ont besoin d’être aimés, valorisés, soignés, respectés et accompagnés sur une trajectoire de succès et de santé.

La pédiatrie sociale en communauté c’est une approche de médecine sociale et de soins de proximité qui permet de s’assurer que ces enfants soient traités adéquatement pour leurs besoins globaux dans le respect de leurs droits dans un modèle d’équité sociale.

Le Québec compte 45 centres de pédiatrie sociale en communauté dans les milieux les plus vulnérables où plus de dix mille enfants sont accueillis et soignés sur du court et long terme. Soyez des nôtres encore cette année et appuyer la Fondation Dr Julien et particulièrement le Centre de pédiatrie sociale en communauté de votre secteur. Votre appui et votre investissement sera des plus rentables pour soulager et soigner plusieurs enfants dans le besoin

Je vous remercie de tout coeur

Gilles Julien, pédiatre social

Fondationdrjulien.org

Les meilleurs amis…au monde

Je pensais vous parler du masque, de la guerre, des tueries, du prix des aliments et du carburant et même de la pénurie de lait pour bébé qui pointe chez nos voisins du sud.

Il y a tant de mauvaises nouvelles qu’on est tous saturés et en proie à une certain découragement sinon à un désespoir toxique. Je me retiens donc d’élaborer sur les injustices et sur l’indifférence face à la souffrance humaine et à l’impact profond sur la santé mentale des enfants et des jeunes.

Ce rapide état de fait de notre société actuelle explique certainement au moins partiellement, la recherche d’isolement et le profond désengagement de notre jeunesse. Les jeunes se retirent et fuient de plus en plus. Peut-on les blâmer?

Personnellement, Je mise encore sur leur sagesse et sur leur grande résilience. Je préfère de loin vous partager un autre beau petit moment avec une fillette de 8 ans qui, suite à un questionnement sur ses amies et sur sa définition d’une meilleure amie, nous répondit du tac au tac :

  «Dr Julien, les meilleurs amis,  ça ne se sépare pas, c’est pour la vie.»

Photo de Ron Lach sur Pexels.com

Elle venait en peu de mots de nous ramener la confiance et l’espoir d’un monde meilleur.

Je préfère donc encore miser sur les valeurs et les forces inhérentes aux enfants pour guider les adultes vers la vérité, celle de l’amitié en étant un profond exemple à méditer.

La belle petite histoire…de la semaine

Photo de Ron Lach sur Pexels.com

Nous venions de terminer une rencontre avec Noémie, sa mère et la DPJ. On y avait vécu beaucoup d’émotions puisque Noémie est placée temporairement loin de sa maman et de son père et qu’elle vit beaucoup de colère et de graves sentiments d’abandon. Comme elle est atteinte d’un TDAH avec une forte impulsivité et qu’elle a une histoire sérieuse de traumatismes, de changements, d’abandons, de déplacements et d’expositions à la violence, le tout en fait une petite de 9 ans facilement explosive et rebelle. En fin de rencontre, après plusieurs émotions, on la sentait apaisée et surtout triste. On lui avait témoigné aussi beaucoup d’attention et d’empathie ce qui l’avait partiellement calmée mais la tristesse restait apparente.

Une fois la visite terminée, je l’accompagnai vers la sortie et nous avons alors croisé par hasard deux jeunes fillettes de 3 et 10 ans qui arrivaient pour leur rendez-vous. Elles me sautèrent dans les bras pour un câlin à la grande surprise de Noémie. Elle me demanda alors si c’étaient mes enfants et je décidai tout bonnement de faire les présentations d’usage. Christine et Alanis se dirigèrent alors vers Noémie pour un câlin bien senti et très touchant. Elles avaient bien saisi la détresse de Noémie et elles s’étaient précipitées simplement pour une petite consolation spontanée. Noémie en fut bouleversée profondément et elle repartit avec un grand sourire, plus forte que jamais. Notre journée était faite.

Le doute et la certitude

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D’entrée de jeu, je navigue entre les deux, comme vous peux être. Le doute sans certitude et inversement la certitude sans doute ne font pas de sens surtout dans les temps de pandémie d’aujourd’hui. Comme notre liberté fut et est encore entravée dans certains cas depuis deux ans, avec peu de doutes et plein de « certitudes », la réflexion s’impose.

Dans l’incertitude du début, mais pour le bien de tous, nous avons docilement suivi la vague puisque le coronavirus voyageait partout dans le monde à une vitesse effarante et que nous étions un peu pris par surprise. Le doute n’avait pas de place, il fallait sauver les meubles pour éviter le pire. Je pense que jusqu’ici tout devait bien aller et nous l’inscrivions même dans nos fenêtres pour calmer le jeu et garder l’espoir.

Par la suite, la situation fut moins claire et des incertitudes sont vite devenues des certitudes dans les discours des dirigeants et des gens de santé publique, laissant peu de place au doute. Tous voulaient bien faire et à leur place on n’aurait peut-être pas fait mieux. Le masque, les vaccins, la distanciation et l’isolement furent tour à tour des incertitudes et des certitudes changeant d’un jour à l’autre.

Le vaccin lui-même, promis à de grandes capacités et développé sur des critères de validation en accéléré s’est vite avéré moins efficace que prévu. Oui, il a bien sauvé des vies et des hospitalisations, mais on s’est vite rendu compte que ce n’était pas si simple que cela. On devait maintenant en recevoir deux, puis trois, puis quatre et peux être même un nouveau à chaque saison dans l’avenir. La certitude du départ s’est vite atténuée à notre grand désarroi. L’immunité, contrairement aux promesses, n’allait pas durer très longtemps.

C’est à partir de ce moment que le doute a commencé à s’incruster dans nos esprits. Les certitudes ayant tombé l’une après l’autre, on allait maintenant vivre avec ce fameux virus comme on le fait depuis toujours avec tous les autres qui lui ont précédé. On allait se résigner et composer avec cette fatalité. On a donc mis les certitudes de côté et on a presque concédé la victoire du virus nouveau. On allait bien voir et on allait s’y faire, même au risque de tous l’attraper une fois pour toutes. Notre angoisse n’allait que s’atténuée en prenant nos responsabilités.

Or on assiste depuis quelques semaines à un retour du même scénario. On garde le masque, on ne veut même plus l’enlever tant il nous colle à la peau. Les enfants ne veulent plus vivre sans lui. On recommence à se méfier du voisin et certains employeurs plus zélés que les autorités, recommandent de leur chef, de rester chez nous, d’éviter les contacts humains et de se faire livrer son épicerie à la maison comme il y a deux ans.

 La peur et la culpabilité recommencent déjà à nous envahir alors qu’on avait bien décidé hors de tout doute de « vivre avec» pour éviter cette fois-ci les dommages collatéraux qui nous ont enlevé une partie de notre humanité.

Je pense qu’un retour à la normale est sans contredit la meilleure solution. Nous avons compris le message : rien n’est certain et nous avons beaucoup à perdre face au risque de retomber dans l’incertitude et la grande noirceur. Soyons humains et raisonnables et agissons comme des gens responsables. Évitons les situations de risque et prenons les moyens nécessaires pour nous protéger et pour protéger autrui. Nous sommes assez matures pour «vivre avec» sans se faire infantiliser et y perdre nos valeurs les plus importantes. 

Le bout du bout

N’êtes-vous pas écœurés de vous sentir privilégiés, dociles et impuissants face à une guerre ignoble et incompréhensible?

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 Nous venons juste de trouver une certaine lumière au bout du tunnel avec la pandémie et voilà qu’une guerre atroce fait rage en Ukraine et elle ne fait pas de quartiers pour les enfants et les ainés qui semblent même être des cibles favorites.

Question pandémie, on a passé au travers avec beaucoup de discipline, d’isolement social et de peurs quotidiennes. On s’est aussi vite retirés et cachés dans nos sous-sols et nos chalets pour ceux qui peuvent se le permettre. La peur de l’autre s’est rapidement installée au point même de fuir et de changer de trottoir pour éviter un rapprochement. Pendant ce temps, on a négligé sévèrement les ainés bien parqués dans leurs ghettos. Plusieurs en sont morts. Pour les enfants, ce fut une grande noirceur qui risque de se prolonger encore et encore.

On a parallèlement oublié le reste du monde en se servant abondamment en premier de vaccins, des tests et des médicaments. Il en fut de même pour les grands besoins des enfants qui eux ont perdu repères et motivations au point de se fermer et de se ternir.

 Pendant ce temps, en s’adaptant à notre façon et en se repliant sur nous-mêmes, on a comme oublié la solidarité et l’équité qui sont les grandes marques d’un grand peuple et notre société tout entière s’en est clairement appauvrie.

La guerre «criminelle» qui sévit en Ukraine et dans plusieurs autres régions du globe, les millions de personnes déportés ou disparus, la souffrance inacceptable de milliers d’enfants à l’échelle mondiale et le risque d’éclatement des vraies démocraties sont de bonnes raisons de se questionner et peux-être même de se racheter suite à ces deux années de pause. Il est possible de retrouver notre solidarité et de faire notre part. Allons-nous la prendre cette chance ou allons-nous encore une fois nous enfuir et oublier jusqu’à la prochaine catastrophe qui pourrait nous toucher encore plus directement.

L’exemple du peuple Ukrainien  prouve bien qu’on peut gagner des  guerres grâce à cette solidarité de tout un peuple. Un exemple à suivre et à supporter totalement.

« Enfant à bord »

Quand je regarde la petite pancarte dans la vitre arrière des voitures, je perçois tout de suite le sens de cette alerte, sa simplicité, sa valeur et surtout sa pertinence. Ces quelques mots suffisent à nous inciter à faire plus attention, à ralentir mais aussi à ne pas klaxonner ni même couper la voiture en question. La sécurité routière en présence d’enfants ne fait pas de doute, on est presqu’unanimes là-dessus.

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Or en temps de guerre on peut encore apercevoir le signal en question sauf que sa signification est toute autre et son respect sérieusement en danger. L’humanitaire devient vite cratère. «Un enfant à bord» ne semble plus avoir la même valeur. Les convoies de réfugiés ne sont à l’abri de rien du tout, même avec un enfant à bord. Il devient en fait une cible facile. Tout pour gagner, une tuerie en amenant une autre. Comment est-ce possible? Est-ce que cela nous arrivera un jour ici? Ce devrait être des gens civilisés quand même!

Il n’y a pas de réponse simple. Notre société a beaucoup changé en si peu de temps et surtout dans les derniers deux à trois ans. Les signes de fracture apparaissent de plus plus en plus évidents. On ne peut certes pas parler d’évolution mais plutôt d’une grande transformation où les injustices et les colères se côtoient au jour le jour et où les idées et les croyances s’entrechoquent au quotidien chez le même individu, dans les familles et dans les communautés. On ne sait pas trop quand tout cela s’arrêtera, ni pourquoi c’est nécessaire. Peux être sommes-nous condamnés à devoir nous habituer à vivre avec cette situation comme pour tant d’autres situations nouvelles.

Il est triste de constater ces changements et on se sent vite impuissants pour agir ou réagir dans ce monde tellement polarisé où l’esprit critique prend le bord au moindre évènement déclencheur. Nous vivons en même temps dans une époque où l’information apparaît faussée continuellement et non seulement comme arme de guerre. Comment donc s’y retrouver.

D’abord, essayer de composer avec les stress et les situations difficiles à expliquer au jour le jour seulement. Inutile de penser à long terme quand ça va mal, quand on sent qu’on a peux-être pas la bonne information et que l’espoir vient à manquer.

Deuxièmement se mettre en état de soutien à autrui, dans une bonne oeuvre, pour des gens plus démunis que nous. Se mettre en action pour une bonne cause a toujours rapporter gros aux bénévoles et cela permet de mettre de côté nos propres peurs et de nous sentir utiles. On oublie alors, temporairement du moins, les affres de la guerre et de la folie humaine.

Enfin se rapprocher des enfants qui sont souvent les plus grandes victimes des mauvaises actions de l’Homme. Écouter leur parole qui nous rassure et qui définitivement nous ramène à un espoir d’une vie meilleure. Continuons donc ainsi à mettre l’affiche «enfants à bord» pour rappeler à tous que c’est ce qui compte le plus au monde.

Le temps qui nous fuit!

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Le temps nous a manqué depuis ces deux ans d’attente et de d’angoisse dues aux effets collatéraux de la Covid. Mauvaises nouvelles quotidiennes, pertes d’être chers, craintes du voisinage, éloignement et « séquestrations», fuite des proches et des amis et plus encore. Notre tolérance a été mise à rude épreuve de même que nos nerfs et notre santé globale. Certains s’en sont mieux tirés que d’autres comme dans toutes les épreuves humaines, des injustices de toutes sortes se sont clairement affichées et des comportements humains extrémistes se sont vite déployés dans toutes les couches de la société. Tout cela pour arriver où exactement, sûrement pas vers une vraie lumière au bout du tunnel.

Des personnes comme les restaurateurs ont tout perdu et d’autres se sont enrichis. Des artistes n’ont pas pu créer, ce qui représente la perte de leur pain quotidien et d’une partie de leur âme. Des scissures sont apparues dans nos communautés, les vaccinés et les non-vaccinés, les scientifiques et les gens de gros bon sens, les sceptiques et les croyants, enfin tout pour nous diviser. Je me questionne sur le type de réconciliation possible, dans combien de temps et pour combien de temps encore et avec quelle souplesse et quel respect. J’espère juste que le temps le permettra.

Il y a bien un certain espoir d’en finir avec le virus et de retrouver une vie normale. On pourrait même pour être de notre temps, bannir le mot en «C» en pensant qu’il va ainsi vraiment disparaître de notre vie. On nous dit d’ailleurs, experts comme politiciens, que tout va bien au Québec et qu’on revient progressivement vers une vie normale même si on devra s’habituer à vivre avec le virus, quel qu’il soit.

Si je ne m’abuse, on l’a toujours fait dans l’histoire des épidémies et des grands fléaux et même lors des guerres omniprésentes dans le monde. Le peuple a tendance à s’habituer mais surtout à oublier assez facilement les drames et les deuils, soit pour se protéger, soit pour fuir la souffrance. C’est ainsi que se répètent les erreurs historiques et qu’on semble s’acharner à ne pas apprendre des erreurs du passé.

Mais quelle sera donc cette nouvelle «normale » puisque, conséquences ultimes de nos ignorances, on se retrouve avec une guerre qui risque d’être mondiale et on assiste à un assassinat de tout un peuple avec femmes et enfants au nom d’obscures valeurs et de fiertés personnelles et masculines. On se disait pourtant que cela n’arriverait jamais plus en nos temps modernes. Nous sommes à peine sortis d’un virus que l’on retombe  dans un chaos incroyable et que notre planète se meurt dans une indifférence aberrante.

Que restera-t-il d’humain dans cette normalité à construire par nous tous, sinon un espoir à retrouver et à chérir et un modèle nouveau où chaque être humain devra avoir sa place dans un monde transformé pour vivre son bonheur et son bien-être. Le chantier est immense, les enjeux évidents. Laisserons-nous des despotes et des dictateurs nous définir ce monde nouveau ou allons-nous prendre en main nous-mêmes ce grand projet. Il est moins une et la question est ouverte mais je n’ai pas la réponse. Le temps pourrait par contre nous manquer!

Quoi dire aux enfants de l’état du monde!

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Bonne question mais après mûre réflexion et de nombreuses hypothèses, on revient immanquablement au même principe, celui de la clarté et de la vérité. Quoi dire ou ne pas dire est intimement lié à la sécurité et à la compétence d’un enfant, c’est-à-dire à sa capacité d’entendre, de comprendre et de relativer les choses.

 Il y a également une grande place à l’Éducation dans cette réflexion et particulièrement en ce qui concerne ce qu’on enseigne aux enfants sur l’évolution de l’Humanité et sur l’Histoire des peuples et des religions entre autres. Ces deux grandes bases de connaissances sont des prérequis, pour mieux comprendre les comportements humains les plus édifiants comme les plus extrêmes. Or je ne suis pas convaincu que cette Histoire existe dans nos écoles en constante adaptation. De nos jours, on est plus engagé à surveiller l’utilisation de certains mots défendus et à mesurer la qualité de l’air qu’à enseigner l’évolution de l’Humanité.

Comment expliquer une guerre, un viol ou un infanticide? Comment aborder la question des abus de toutes sortes envers les enfants? Comment parler ouvertement de la faim dans le monde, des exterminations massives et des grandes migrations forcées? Comment aborder avec un enfant le sujet des grandes iniquités sociales? La liste est longue sur le quoi et le comment dire aux enfants sur des sujets aussi sensibles et délicats.

Notre devoir d’adultes et de parents, c’est de préparer les enfants à entendre et à comprendre ce qui se passe au jour le jour dans leur vie. Pour parler aux enfants, on ne doit pas attendre les grandes tragédies relatées dans les médias avec toujours un grand sensationnalisme, ni profiter de l’annonce d’une guerre imminente car le moment est trop intense et très mal choisi. Il faut le faire en amont.

Bien réussir le quoi dire à un jeune, c’est au quotidien lui expliquer le pourquoi des petites chicanes de famille, les raisons des violences et de l’intimidation dans la cour d’école ou les causes menant au statut de sans abri ou de pauvreté extrême. L’enfant est en droit de savoir le pourquoi de ces petits confits fréquents dans sa vie courante pour mieux comprendre les causes et pour faire le pont avec les grands conflits et les grandes injustices dans le monde.

Le pire c’est de ne pas en parler et d’éviter le sujet comme si le monde était tout beau et tout simple, en espérant que l’enfant ne pose pas de questions. Le comble c’est de laisser croire aux enfants qu’ils sont privilégiés, en sécurité et de les maintenir dans l’ignorance. Ils ont droit de questionner et de bien savoir.

Partir du principe que le monde est complexe, qu’il l’a toujours été et qu’il pourrait l’être longtemps encore si rien ne change est certes une bonne entrée en matière. Instruire l’enfant de ses droits et de ses devoirs, lui apprendre à utiliser l’empathie dans sa vie de tous les jours et le convaincre d’agir pour le mieux-être de tous sous forme de bienveillance, cela sert aussi l’enfant à cheminer pour comprendre les excès de malveillance et pour changer le monde futur. 

Une jeune de 8 ans nous signifiait récemment que lorsque les adultes parlent pour les enfants, eux devaient se taire. J’ajoute que lorsque les adultes parlent aux enfants des vraies choses de la vie, ils leurs permettent de non seulement mieux comprendre mais ils leur donnent la chance qu’eux-mêmes se mettent en mode action pour trouver les mécanismes de changement.