L’ensauvagement de la société

J’ai entendu ce mot à la radio récemment. Ce fut une surprise et un étonnement en même temps. Or, le mot trotte dans ma tête depuis ce temps. Serait-ce un autre effet pervers de la pandémie qui nous a rendu tous un peu « sauvages », ou encore un retour à la case départ pour notre société affaiblie. Je ne sais pas trop mais le mot a continué à me troubler.

Quelques minutes plus tard, au volant, en auto vers la clinique, je circulais sur la 15 en essayant de changer de voie pour aller vers l’Est mais je n’y arrivais pas, aucun conducteur digne de ce nom ne me laissant la chance d’y arriver. Une automobiliste fâchée me klaxonna vigoureusement et, réussissant à me dépasser par la droite, m’abreuva d’injures que je ne pus heureusement entendre. Elle était déchaînée de toute évidence, en colère intense. Étais-ce de l’ensauvagement de relations humaines que je venais de subir?

Quelques kilomètres plus loin, comble de malchance, je dus me déplacer vers une autre voie à cause d’une construction, ayant pris soin de mettre mon clignotant. Or, le conducteur lésé à l’arrière s’empressa de me klaxonner intensément pendant au moins 10 minutes en continue, en levant les bras et le doigt haut et fort. Autre manifestation de l’ensauvagement de moins en moins subtil?

Plus tôt dans la Presse, j’avais remarqué dans plusieurs articles ou commentaires, les mots « horreur », « tragédie », « tireur fou », « des corrompus qu’on libère », « des meurtres gratuits », « des enfants tués » et autres terreurs diurnes. On faisait aussi référence à « un aveu d’impuissance » et à « la peur normalisée » devant toutes des catastrophes. Assez d’ailleurs pour bouleverser toute une journée.

La journée commençait mal et laissait à réfléchir.

Photo de Aleksandar Pasaric sur Pexels.com

Sommes-nous vraiment en voie d’ensauvagement? J’ai fouillé sur internet et selon Wikipédia, l’ensauvagement social est le signe d’un abandon sur le pacte social et du retour à l’état de nature où chacun règle ses problèmes par ses propres forces. On parle aussi de radicalisation des comportements, de violence gratuite, de décivilisation et même de brutalisation…

Quand on met dans la balance, le racisme systémique, l’utilisation des armes blanches et des armes à feu à demeure dans les quartiers, la peur de l’autre et le « pas dans ma cour », on est en droit de se questionner et de craindre cette calamité possible d’ensauvagement.

Le moins que l’on puisse faire pour le moment dans ce monde en changement, c’est de rester alerte et de penser à freiner cette tendance particulièrement par la prévention en bas âge. Le cerveau est un organe puissant mais fragile. Il est capable du meilleur et du pire selon les environnements où il évolue. L’apprentissage de l’empathie pour contrer la violence gratuite, celui de la bienveillance pour éliminer la malveillance et celui de la compétence pour éviter la délinquance font partie de cet accompagnement nécessaire pour les enfants en devenir d’adultes sociaux compétents.

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