La Commission se mouille!

La commission Laurent accouche d’une recommandation un peu terne et timide en avant première de la livraison de son rapport retardé en avril 2021, soit la nomination «urgente» d’un poste de directeur national de la protection de la jeunesse. On ajouterait donc une autre couche de contrôle à haut niveau bureaucratique dans un élan centralisateur au nom de l’imputabilité alors que le problème réside fondamentalement au ras des pâquerettes. On veut un chien de garde ou un ange gardien, c’est selon, qui par magie va tout assumer et régler les problèmes actuels. On vise à coordonner qui ou quoi alors que de nombreux directeurs de la protection n’y arrivent pas dans chacun de leur territoire. Plus on s’éloigne de la cible, plus on l’échappe.

Le chien de garde actuel existe et cette fonction est théoriquement assumée par la Commission des droits de la personne qui ne semble pas toujours avoir d’ailleurs les moyens de sa mission. On a plutôt besoin d’un défenseur des droits des enfants hors bureaucratie, complètement indépendant, avec une autorité sur tous les services offert aux enfants qu’ils soient gouvernementaux ou non gouvernementaux et avec plein pouvoir. Il ne s’agit pas seulement de cibler la Protection des enfants, mais aussi l’Éducation, la Justice, la Famille et la Santé, sans oublier la prévention car rien ne va plus pour les enfants au Québec.

Pour ce qui est de la Protection des jeunes, le changement doit porter sur la déconstruction progressive du silo dans lequel s’est empêtré les DPJ à vouloir trop bien faire, seuls. Le changement doit se faire au niveau des modèles d’application de la loi de la protection de la jeunesse sur le terrain, loi d’exception devenue presque coutumière. La Protection des enfants est une affaire de respect et de collaboration avec les principaux acteurs de l’enfance et des jeunes dans les communautés. Cela doit devenir une responsabilité partagée et une imputabilité conjointe à niveau des communautés et non portées par un vague directeur à Québec.

Bonne nouvelle tout de même. Madame Laurent parle de la voix des enfants non suffisamment prise en compte. On ne pourrait être plus d’accord. En pédiatrie sociale en communauté, nous y travaillons et nous expérimentons des façons de la faire entendre depuis plusieurs années. Nous avons hâte de partager nos connaissances et nos avancements sur le sujet.

Pour ce qui est des autochtones, au delà de la confiance réciproque souhaitée, c’est un peu comme pour la question de la parole des enfants. Nous devons maintenant nous mettre en position d’écoute et d’apprentissage. Ils ont plein de choses profondes à nous apprendre. Comme les enfants, ils sauront bien nous proposer leurs façons de faire et leurs valeurs. Nous devrons écouter sans interférences car nous n’avons pas su démontrer une grand efficacité à ce jour pour nous occuper de leurs enfants. Il n’est plus question de confiance réciproque mais bien de laisser ces nations décider pleinement de leur avenir et de celui de leurs enfants, «les deux mains sur leur volant».

Nous attendons patiemment la suite.

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