Les meilleurs amis…au monde

Je pensais vous parler du masque, de la guerre, des tueries, du prix des aliments et du carburant et même de la pénurie de lait pour bébé qui pointe chez nos voisins du sud.

Il y a tant de mauvaises nouvelles qu’on est tous saturés et en proie à une certain découragement sinon à un désespoir toxique. Je me retiens donc d’élaborer sur les injustices et sur l’indifférence face à la souffrance humaine et à l’impact profond sur la santé mentale des enfants et des jeunes.

Ce rapide état de fait de notre société actuelle explique certainement au moins partiellement, la recherche d’isolement et le profond désengagement de notre jeunesse. Les jeunes se retirent et fuient de plus en plus. Peut-on les blâmer?

Personnellement, Je mise encore sur leur sagesse et sur leur grande résilience. Je préfère de loin vous partager un autre beau petit moment avec une fillette de 8 ans qui, suite à un questionnement sur ses amies et sur sa définition d’une meilleure amie, nous répondit du tac au tac :

  «Dr Julien, les meilleurs amis,  ça ne se sépare pas, c’est pour la vie.»

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Elle venait en peu de mots de nous ramener la confiance et l’espoir d’un monde meilleur.

Je préfère donc encore miser sur les valeurs et les forces inhérentes aux enfants pour guider les adultes vers la vérité, celle de l’amitié en étant un profond exemple à méditer.

La belle petite histoire…de la semaine

Photo de Ron Lach sur Pexels.com

Nous venions de terminer une rencontre avec Noémie, sa mère et la DPJ. On y avait vécu beaucoup d’émotions puisque Noémie est placée temporairement loin de sa maman et de son père et qu’elle vit beaucoup de colère et de graves sentiments d’abandon. Comme elle est atteinte d’un TDAH avec une forte impulsivité et qu’elle a une histoire sérieuse de traumatismes, de changements, d’abandons, de déplacements et d’expositions à la violence, le tout en fait une petite de 9 ans facilement explosive et rebelle. En fin de rencontre, après plusieurs émotions, on la sentait apaisée et surtout triste. On lui avait témoigné aussi beaucoup d’attention et d’empathie ce qui l’avait partiellement calmée mais la tristesse restait apparente.

Une fois la visite terminée, je l’accompagnai vers la sortie et nous avons alors croisé par hasard deux jeunes fillettes de 3 et 10 ans qui arrivaient pour leur rendez-vous. Elles me sautèrent dans les bras pour un câlin à la grande surprise de Noémie. Elle me demanda alors si c’étaient mes enfants et je décidai tout bonnement de faire les présentations d’usage. Christine et Alanis se dirigèrent alors vers Noémie pour un câlin bien senti et très touchant. Elles avaient bien saisi la détresse de Noémie et elles s’étaient précipitées simplement pour une petite consolation spontanée. Noémie en fut bouleversée profondément et elle repartit avec un grand sourire, plus forte que jamais. Notre journée était faite.

Le doute et la certitude

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D’entrée de jeu, je navigue entre les deux, comme vous peux être. Le doute sans certitude et inversement la certitude sans doute ne font pas de sens surtout dans les temps de pandémie d’aujourd’hui. Comme notre liberté fut et est encore entravée dans certains cas depuis deux ans, avec peu de doutes et plein de « certitudes », la réflexion s’impose.

Dans l’incertitude du début, mais pour le bien de tous, nous avons docilement suivi la vague puisque le coronavirus voyageait partout dans le monde à une vitesse effarante et que nous étions un peu pris par surprise. Le doute n’avait pas de place, il fallait sauver les meubles pour éviter le pire. Je pense que jusqu’ici tout devait bien aller et nous l’inscrivions même dans nos fenêtres pour calmer le jeu et garder l’espoir.

Par la suite, la situation fut moins claire et des incertitudes sont vite devenues des certitudes dans les discours des dirigeants et des gens de santé publique, laissant peu de place au doute. Tous voulaient bien faire et à leur place on n’aurait peut-être pas fait mieux. Le masque, les vaccins, la distanciation et l’isolement furent tour à tour des incertitudes et des certitudes changeant d’un jour à l’autre.

Le vaccin lui-même, promis à de grandes capacités et développé sur des critères de validation en accéléré s’est vite avéré moins efficace que prévu. Oui, il a bien sauvé des vies et des hospitalisations, mais on s’est vite rendu compte que ce n’était pas si simple que cela. On devait maintenant en recevoir deux, puis trois, puis quatre et peux être même un nouveau à chaque saison dans l’avenir. La certitude du départ s’est vite atténuée à notre grand désarroi. L’immunité, contrairement aux promesses, n’allait pas durer très longtemps.

C’est à partir de ce moment que le doute a commencé à s’incruster dans nos esprits. Les certitudes ayant tombé l’une après l’autre, on allait maintenant vivre avec ce fameux virus comme on le fait depuis toujours avec tous les autres qui lui ont précédé. On allait se résigner et composer avec cette fatalité. On a donc mis les certitudes de côté et on a presque concédé la victoire du virus nouveau. On allait bien voir et on allait s’y faire, même au risque de tous l’attraper une fois pour toutes. Notre angoisse n’allait que s’atténuée en prenant nos responsabilités.

Or on assiste depuis quelques semaines à un retour du même scénario. On garde le masque, on ne veut même plus l’enlever tant il nous colle à la peau. Les enfants ne veulent plus vivre sans lui. On recommence à se méfier du voisin et certains employeurs plus zélés que les autorités, recommandent de leur chef, de rester chez nous, d’éviter les contacts humains et de se faire livrer son épicerie à la maison comme il y a deux ans.

 La peur et la culpabilité recommencent déjà à nous envahir alors qu’on avait bien décidé hors de tout doute de « vivre avec» pour éviter cette fois-ci les dommages collatéraux qui nous ont enlevé une partie de notre humanité.

Je pense qu’un retour à la normale est sans contredit la meilleure solution. Nous avons compris le message : rien n’est certain et nous avons beaucoup à perdre face au risque de retomber dans l’incertitude et la grande noirceur. Soyons humains et raisonnables et agissons comme des gens responsables. Évitons les situations de risque et prenons les moyens nécessaires pour nous protéger et pour protéger autrui. Nous sommes assez matures pour «vivre avec» sans se faire infantiliser et y perdre nos valeurs les plus importantes. 

Le bout du bout

N’êtes-vous pas écœurés de vous sentir privilégiés, dociles et impuissants face à une guerre ignoble et incompréhensible?

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 Nous venons juste de trouver une certaine lumière au bout du tunnel avec la pandémie et voilà qu’une guerre atroce fait rage en Ukraine et elle ne fait pas de quartiers pour les enfants et les ainés qui semblent même être des cibles favorites.

Question pandémie, on a passé au travers avec beaucoup de discipline, d’isolement social et de peurs quotidiennes. On s’est aussi vite retirés et cachés dans nos sous-sols et nos chalets pour ceux qui peuvent se le permettre. La peur de l’autre s’est rapidement installée au point même de fuir et de changer de trottoir pour éviter un rapprochement. Pendant ce temps, on a négligé sévèrement les ainés bien parqués dans leurs ghettos. Plusieurs en sont morts. Pour les enfants, ce fut une grande noirceur qui risque de se prolonger encore et encore.

On a parallèlement oublié le reste du monde en se servant abondamment en premier de vaccins, des tests et des médicaments. Il en fut de même pour les grands besoins des enfants qui eux ont perdu repères et motivations au point de se fermer et de se ternir.

 Pendant ce temps, en s’adaptant à notre façon et en se repliant sur nous-mêmes, on a comme oublié la solidarité et l’équité qui sont les grandes marques d’un grand peuple et notre société tout entière s’en est clairement appauvrie.

La guerre «criminelle» qui sévit en Ukraine et dans plusieurs autres régions du globe, les millions de personnes déportés ou disparus, la souffrance inacceptable de milliers d’enfants à l’échelle mondiale et le risque d’éclatement des vraies démocraties sont de bonnes raisons de se questionner et peux-être même de se racheter suite à ces deux années de pause. Il est possible de retrouver notre solidarité et de faire notre part. Allons-nous la prendre cette chance ou allons-nous encore une fois nous enfuir et oublier jusqu’à la prochaine catastrophe qui pourrait nous toucher encore plus directement.

L’exemple du peuple Ukrainien  prouve bien qu’on peut gagner des  guerres grâce à cette solidarité de tout un peuple. Un exemple à suivre et à supporter totalement.

« Enfant à bord »

Quand je regarde la petite pancarte dans la vitre arrière des voitures, je perçois tout de suite le sens de cette alerte, sa simplicité, sa valeur et surtout sa pertinence. Ces quelques mots suffisent à nous inciter à faire plus attention, à ralentir mais aussi à ne pas klaxonner ni même couper la voiture en question. La sécurité routière en présence d’enfants ne fait pas de doute, on est presqu’unanimes là-dessus.

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Or en temps de guerre on peut encore apercevoir le signal en question sauf que sa signification est toute autre et son respect sérieusement en danger. L’humanitaire devient vite cratère. «Un enfant à bord» ne semble plus avoir la même valeur. Les convoies de réfugiés ne sont à l’abri de rien du tout, même avec un enfant à bord. Il devient en fait une cible facile. Tout pour gagner, une tuerie en amenant une autre. Comment est-ce possible? Est-ce que cela nous arrivera un jour ici? Ce devrait être des gens civilisés quand même!

Il n’y a pas de réponse simple. Notre société a beaucoup changé en si peu de temps et surtout dans les derniers deux à trois ans. Les signes de fracture apparaissent de plus plus en plus évidents. On ne peut certes pas parler d’évolution mais plutôt d’une grande transformation où les injustices et les colères se côtoient au jour le jour et où les idées et les croyances s’entrechoquent au quotidien chez le même individu, dans les familles et dans les communautés. On ne sait pas trop quand tout cela s’arrêtera, ni pourquoi c’est nécessaire. Peux être sommes-nous condamnés à devoir nous habituer à vivre avec cette situation comme pour tant d’autres situations nouvelles.

Il est triste de constater ces changements et on se sent vite impuissants pour agir ou réagir dans ce monde tellement polarisé où l’esprit critique prend le bord au moindre évènement déclencheur. Nous vivons en même temps dans une époque où l’information apparaît faussée continuellement et non seulement comme arme de guerre. Comment donc s’y retrouver.

D’abord, essayer de composer avec les stress et les situations difficiles à expliquer au jour le jour seulement. Inutile de penser à long terme quand ça va mal, quand on sent qu’on a peux-être pas la bonne information et que l’espoir vient à manquer.

Deuxièmement se mettre en état de soutien à autrui, dans une bonne oeuvre, pour des gens plus démunis que nous. Se mettre en action pour une bonne cause a toujours rapporter gros aux bénévoles et cela permet de mettre de côté nos propres peurs et de nous sentir utiles. On oublie alors, temporairement du moins, les affres de la guerre et de la folie humaine.

Enfin se rapprocher des enfants qui sont souvent les plus grandes victimes des mauvaises actions de l’Homme. Écouter leur parole qui nous rassure et qui définitivement nous ramène à un espoir d’une vie meilleure. Continuons donc ainsi à mettre l’affiche «enfants à bord» pour rappeler à tous que c’est ce qui compte le plus au monde.

Le temps qui nous fuit!

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Le temps nous a manqué depuis ces deux ans d’attente et de d’angoisse dues aux effets collatéraux de la Covid. Mauvaises nouvelles quotidiennes, pertes d’être chers, craintes du voisinage, éloignement et « séquestrations», fuite des proches et des amis et plus encore. Notre tolérance a été mise à rude épreuve de même que nos nerfs et notre santé globale. Certains s’en sont mieux tirés que d’autres comme dans toutes les épreuves humaines, des injustices de toutes sortes se sont clairement affichées et des comportements humains extrémistes se sont vite déployés dans toutes les couches de la société. Tout cela pour arriver où exactement, sûrement pas vers une vraie lumière au bout du tunnel.

Des personnes comme les restaurateurs ont tout perdu et d’autres se sont enrichis. Des artistes n’ont pas pu créer, ce qui représente la perte de leur pain quotidien et d’une partie de leur âme. Des scissures sont apparues dans nos communautés, les vaccinés et les non-vaccinés, les scientifiques et les gens de gros bon sens, les sceptiques et les croyants, enfin tout pour nous diviser. Je me questionne sur le type de réconciliation possible, dans combien de temps et pour combien de temps encore et avec quelle souplesse et quel respect. J’espère juste que le temps le permettra.

Il y a bien un certain espoir d’en finir avec le virus et de retrouver une vie normale. On pourrait même pour être de notre temps, bannir le mot en «C» en pensant qu’il va ainsi vraiment disparaître de notre vie. On nous dit d’ailleurs, experts comme politiciens, que tout va bien au Québec et qu’on revient progressivement vers une vie normale même si on devra s’habituer à vivre avec le virus, quel qu’il soit.

Si je ne m’abuse, on l’a toujours fait dans l’histoire des épidémies et des grands fléaux et même lors des guerres omniprésentes dans le monde. Le peuple a tendance à s’habituer mais surtout à oublier assez facilement les drames et les deuils, soit pour se protéger, soit pour fuir la souffrance. C’est ainsi que se répètent les erreurs historiques et qu’on semble s’acharner à ne pas apprendre des erreurs du passé.

Mais quelle sera donc cette nouvelle «normale » puisque, conséquences ultimes de nos ignorances, on se retrouve avec une guerre qui risque d’être mondiale et on assiste à un assassinat de tout un peuple avec femmes et enfants au nom d’obscures valeurs et de fiertés personnelles et masculines. On se disait pourtant que cela n’arriverait jamais plus en nos temps modernes. Nous sommes à peine sortis d’un virus que l’on retombe  dans un chaos incroyable et que notre planète se meurt dans une indifférence aberrante.

Que restera-t-il d’humain dans cette normalité à construire par nous tous, sinon un espoir à retrouver et à chérir et un modèle nouveau où chaque être humain devra avoir sa place dans un monde transformé pour vivre son bonheur et son bien-être. Le chantier est immense, les enjeux évidents. Laisserons-nous des despotes et des dictateurs nous définir ce monde nouveau ou allons-nous prendre en main nous-mêmes ce grand projet. Il est moins une et la question est ouverte mais je n’ai pas la réponse. Le temps pourrait par contre nous manquer!

Quoi dire aux enfants de l’état du monde!

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Bonne question mais après mûre réflexion et de nombreuses hypothèses, on revient immanquablement au même principe, celui de la clarté et de la vérité. Quoi dire ou ne pas dire est intimement lié à la sécurité et à la compétence d’un enfant, c’est-à-dire à sa capacité d’entendre, de comprendre et de relativer les choses.

 Il y a également une grande place à l’Éducation dans cette réflexion et particulièrement en ce qui concerne ce qu’on enseigne aux enfants sur l’évolution de l’Humanité et sur l’Histoire des peuples et des religions entre autres. Ces deux grandes bases de connaissances sont des prérequis, pour mieux comprendre les comportements humains les plus édifiants comme les plus extrêmes. Or je ne suis pas convaincu que cette Histoire existe dans nos écoles en constante adaptation. De nos jours, on est plus engagé à surveiller l’utilisation de certains mots défendus et à mesurer la qualité de l’air qu’à enseigner l’évolution de l’Humanité.

Comment expliquer une guerre, un viol ou un infanticide? Comment aborder la question des abus de toutes sortes envers les enfants? Comment parler ouvertement de la faim dans le monde, des exterminations massives et des grandes migrations forcées? Comment aborder avec un enfant le sujet des grandes iniquités sociales? La liste est longue sur le quoi et le comment dire aux enfants sur des sujets aussi sensibles et délicats.

Notre devoir d’adultes et de parents, c’est de préparer les enfants à entendre et à comprendre ce qui se passe au jour le jour dans leur vie. Pour parler aux enfants, on ne doit pas attendre les grandes tragédies relatées dans les médias avec toujours un grand sensationnalisme, ni profiter de l’annonce d’une guerre imminente car le moment est trop intense et très mal choisi. Il faut le faire en amont.

Bien réussir le quoi dire à un jeune, c’est au quotidien lui expliquer le pourquoi des petites chicanes de famille, les raisons des violences et de l’intimidation dans la cour d’école ou les causes menant au statut de sans abri ou de pauvreté extrême. L’enfant est en droit de savoir le pourquoi de ces petits confits fréquents dans sa vie courante pour mieux comprendre les causes et pour faire le pont avec les grands conflits et les grandes injustices dans le monde.

Le pire c’est de ne pas en parler et d’éviter le sujet comme si le monde était tout beau et tout simple, en espérant que l’enfant ne pose pas de questions. Le comble c’est de laisser croire aux enfants qu’ils sont privilégiés, en sécurité et de les maintenir dans l’ignorance. Ils ont droit de questionner et de bien savoir.

Partir du principe que le monde est complexe, qu’il l’a toujours été et qu’il pourrait l’être longtemps encore si rien ne change est certes une bonne entrée en matière. Instruire l’enfant de ses droits et de ses devoirs, lui apprendre à utiliser l’empathie dans sa vie de tous les jours et le convaincre d’agir pour le mieux-être de tous sous forme de bienveillance, cela sert aussi l’enfant à cheminer pour comprendre les excès de malveillance et pour changer le monde futur. 

Une jeune de 8 ans nous signifiait récemment que lorsque les adultes parlent pour les enfants, eux devaient se taire. J’ajoute que lorsque les adultes parlent aux enfants des vraies choses de la vie, ils leurs permettent de non seulement mieux comprendre mais ils leur donnent la chance qu’eux-mêmes se mettent en mode action pour trouver les mécanismes de changement.

Rendre les enfants plus engagés dans la bienveillance

Le contexte de la pandémie qui n’en finit plus de nous bousculer, nous ramène à un état de résignation peu créatrice de « l’apprendre à vivre avec », à la notion du vivre en bulles fermées et à une forme d’isolement social tous propices à une plus grande iniquité entre les humains que nous sommes. On se rend compte qu’en peu de temps, c’est une part importante de notre philosophie de vie que nous avons perdu en cours de progrès éphémères et de recherche de fausses sécurités. Il est temps de revoir nos priorités pour éviter de laisser à nos enfants un héritage où la technologie, entre autres, risque de noyer encore plus l’humanité qui a toujours au sommet de nos priorités.

Comment retrouver et reconstruire un modèle de bienveillance pour remettre l’humain tout en haut des valeurs de nos sociétés. Comment arracher les racines liées aux mots en «isme» (racisme, sexisme, individualisme, fondamentalisme, etc.» qui inondent les cœurs et les esprits des enfants. Comment résoudre l’information erronée et les biais historiques qui meublent et qui faussent leurs connaissances. Comment reprendre en mains les destinées et les parcours de tous les enfants. L’espoir est là à notre portée pour quelque temps encore.

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Deux axes d’action non exclusifs se présentent à nous dans l’immédiat. L’un est lié à l’enseignement de l’Histoire et de la Culture, soit l’apprentissage authentique du passé et l’ouverture actuelle à la culture. L’autre porte sur une redéfinition du parcours de développement des enfants en rapport avec la Convention internationale des droits de l’enfant et particulièrement le droit d’être bien informés et celui du droit de parole pour tout ce qui concerne leur santé et leur bien-être.

Apprendre du passé relève d’une grande valeur. Ne pas répéter les erreurs du passé relève d’une grande sagesse. Encore faut-il respecter l’Histoire et ne pas la transformer au gré d’intérêts divergents. L’histoire des autochtones y compris leur assimilation à tout prix et la négation de leur culture et de leur langue, l’histoire des juifs incluant leur extermination massive, celle des Ouïgours actuellement, celle des guerres sanglantes et celles des massacres religieux systémiques doivent être enseignés à tous les jeunes dès le primaire. Ces grands événements historiques doivent être mis en contexte et servir de rappel pour ne pas oublier ces erreurs du passé et surtout pour ne pas les reproduire au nom d’identités régionales ou d’une quelconque race supérieure.

Le parcours du développement des enfants se fait beaucoup par accompagnements et par divers apprentissages. Apprendre notre langue mais aussi d’autres langues ouvrent la voie à une meilleure compréhension du monde. Le développement dans un contexte de sécurité est fondamental mais cela ne justifie pas de créer des zones d’ombre ou des interdits pour les protéger à outrance au détriment de leurs droits. Les enfants ont le droit de savoir et de bien savoir. Cela les amènera plus rapidement à un savoir être essentiel pour l’harmonie et l’égalité des peuples et au respect de l’autre quel qu’il soit. L’effet des rituels de passage est aussi un puissant outil pour assurer une maturité par étapes et des apprentissage adaptés pour bien éclairer leur esprit. Malheureusement on les a oubliés l’un après l’autre au point qu’ils ont presque disparus de la trajectoire des jeunes.

Il est donc temps de se mettre au travail pour un monde meilleur où l’intelligence artificielle, l’utilisation des robots et la technologie seront au service des humains libres et non l’inverse.

Une vague impression de la fin d’un monde

On est tous un peu perdu à l’heure actuelle, comme pris dans un étau, mal informés, inquiets à différents niveaux. Personne n’y échappe et probablement encore moins les décideurs. On se retrouve tous dans un bateau à risque de couler si on considère l’ensemble de l’œuvre avant, pendant et après la pandémie

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Des enjeux et des risques multiples nous frappent de plein fouet. À ce niveau, la pandémie prime actuellement avec en premier plan la peur de mourir et de perdre des proches pour les uns et la fragilité extrême des Hôpitaux pour d’autres. On est tous confrontés à l’impuissance soudaine d’où des stress majeurs pour plusieurs.

On tente de survivre littéralement aux incertitudes quant à la suite des choses avec plein de conséquences sur notre moral et sur notre humanité. On réagit de différentes façons à cette agression traumatisante sur notre vie normale (et confortable) que ce soit par de la colère, de la docilité ou de la résignation.

Certains cherchent des coupables à tout prix mais ils n’existent tout simplement pas, d’autres s’isolent et se referment dans leur bulle, un certain nombre se cherchent des sauveurs qui n’existent pas non plus. On peut dire qu’on se trouve tous sur la corde raide pour le moment.

On assiste à une transformation «disruptive» de nos valeurs et de nos comportements.  Pour ce qui est des valeurs, on se retrouve en manque de compassion, de bienveillance et d’entraide mais on remarque surtout des fractures et des ruptures sociales évidentes et on ne sait pas encore si on pourra les retrouver à moyen et à long terme. En conséquence, nos comportements trahissent nos dysfonctionnements avec des colères inappropriés, nos humeurs changeantes et nos conduites excessives sans oublier notre détresse quotidienne et on ne voit pas le jour où on reviendra «normaux».

La grande question conséquente, c’est ce que l’on remarque comme cliniciens chez les enfants sur le terrain et notre crainte partagée de sacrifier une génération d’enfants témoins de toutes ces détresses et de ces manquements à l’ordre social. Nous en sommes à constater les dégâts sans savoir ce que ces enfants deviendront dans l’avenir.

On dit que les enfants sont résilients et je le crois personnellement mais cette résilience, ils la tiennent des contacts sociaux motivants et rassurants avec des adultes forts et significatifs et de leurs réseaux sociaux enrobants et protecteurs. Ils sont forts si l’entourage est fort et soutenant, ils réussissent si on leur donne des chances égales et ils sont heureux s’ils ne sont pas envahis par la peur et la peine. On a donc beaucoup à faire collectivement

L’impact de la pandémie et de ses effets pervers sur les enfants devrait être une préoccupation majeure des autorités et des soignants avec une priorité forte, dès maintenant au même titre que les autres enjeux à gérer. Leur avenir se joue aujourd’hui même. Vite un retour à la normale pour tous, cette autre normale qui pourrait s’avérer salvatrice pour les enfants si on la façonne avec des valeurs sûres, sans compromis.

Gilles Julien, Pédiatre social

Enfants en position délicate

On a vu et entendu cette semaine, dans les médias, des enfants d’allure instrumentalisé concernant leur opinion par rapport à la vaccination Covid et les non-vaccinés. Or on connaît la convergence des attaques envers ces personnes (non vaccinés)qui visent à les faire passer pour les seuls coupables de tous nos maux et ce sans nuances. Les enfants ne devraient pas faire partie de cette tendance indigne d’une société juste

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L’animatrice bien connue et avide d’obtenir de « vraies réponses » leur balance des questions directes «en direct» sur le sujet et les amène subtilement à dire leur opinion en ondes sous le regard bienveillant de leur enseignante et des applaudissements isolés de quelques personnes non visibles dans le studio.

Les enfants, un gars, une fille, bien choisis sont en effet magnifiques. Ils sont jeunes, je dirais neuf ou dix ans, clairement issus de milieu favorisé et absolument convaincants. J’étais un peu sous le choc par leurs réponses et surtout scandalisé par le message qu’on leur faisait véhiculer sans filtre. L’un appelait la police pour arrêter ces supposés malfaiteurs, l’autre voulait les punir à petit feu en leur enlevant un à un des privilèges et des libertés jusqu’à ce qu’ils craquent et qu’ils se fassent enfin vacciner comme tout le monde.

Il n’est pas question ici de prendre partie pour ou contre les vaccins, je suis d’ailleurs plutôt pour bien sûr. On est au-delà de ces enjeux. On est plutôt dans le manque de respect envers des enfants en les utilisant pour une cause qui les dépasse tant elle est complexe. On assiste à une forme d’instrumentalisation d’enfants sans qu’ils le sachent probablement soit pour plaire aux adultes ou pour arriver à des fins qui ne sont pas de leur responsabilité. C’est là que le bât blesse et c’est ce qui m’amène à vous sensibiliser et à vous questionner sur ce sujet des plus délicat. Sommes-nous vraiment rendu aussi bas pour les seuls besoins du spectacle?

Plusieurs ont déjà réagis et une pétition circule ce qui est en soi une bonne nouvelle pour dénoncer l’utilisation évidente de ces enfants pour passer des messages de délation ou d’utilisation de sévices et de vengeance. Je comprends mal les adultes qui approuvaient en coulisse.

Je suis fortement d’avis que les enfants doivent s’exprimer sur tout ce qui les concerne et particulièrement en cette période de pandémie où ils ne sont pas considérés, ni consultés et plutôt victimes des mesures draconiennes qui les isolent et qui les privent d’air libre et de compagnonnage essentiel. Plusieurs de leurs droits sont bafoués et en conséquence, ils serait souhaitable qu’eux-mêmes portent leurs messages authentiques sans risque d’ingérence ou de manipulations par des adultes qui tentent, même de bonne foi, de leur refiler leur propres idées et sans que des médias avides de cotes de popularité s’en mêlent.

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Nos enfants sont trop précieux pour les utiliser pour de la propagande et pour diffuser du fiel envers ceux qui sont les plus vulnérables. Ces enfants non coupables bien sûr ne sont probablement pas au courant que des droits et des valeurs existent dans notre société autre que des actions de délation et de fracture. Je serais curieux de rencontrer ces enfants par ailleurs magnifiques, et d’avoir leur propre opinion sur plusieurs sujets qui les concernent, sans ingérence ni fausse représentation

La nuance, la raison et le respect ont souvent meilleur goût tandis que la vengeance ou la colère ne portent pas bon conseil. Les enfants bien informés et conscients des quarante et un droits de leur Convention internationale relative aux droits des enfants le savent bien.  Laissons-les agir et s’exprimer en toute liberté, notre société n’en sera que plus juste et plus équilibrée.